Vie locale - La Wallonie s’assied sur l’avis des Namurois

Pour une fois, avoir un bourgmestre (en titre) qui est en même temps ministre wallon n’aura pas aidé: l’administration wallonne a remis ce vendredi un permis à l’entreprise Sagrex. Il autorise l’exploitation de la carrière de Bossimé, située entre les villages de Lives-sur-Meuse et Loyers. Maxime Prévot, comme les riverains et le collège communal namurois, y était pourtant farouchement opposé.

Mais l’administration wallonne n’a même pas pris la peine de les informer. «Le permis est accordé? Et bien là, je tombe des nues!», a ainsi réagi Maxime Prévot lorsque nous lui avons appris la nouvelle le vendredi 14 avril à midi. Plus tard, l’élu cdH exprimera par communiqué sa «stupéfaction» et sa «colère» vis-à-vis de cette décision du fonctionnaire-délégué et du fonctionnaire technique du Service public de Wallonie. Cet octroi de permis fait en effet suite à une enquête publique au terme de laquelle les riverains avaient fait entendre leur voix pour s’opposer à ce projet. La Ville de Namur avait elle-même remis un avis défavorable, «longuement argumenté» selon Maxime Prévot.

Des citoyens mécontents

L’ASBL Namur-Est Environnement représente les citoyens et s’oppose au carrier Sagrex depuis le commencement du projet de réouverture de la carrière de Bossimé. Sa présidente, Gwendoline Plennevaux, s’estime déçue de la décision de la Région wallonne. «Si la Ville a bien entendu notre avis avant de rendre son avis consultatif, la Région n’a pas pris en compte tous nos arguments. C’est une affaire qui dépasse le permis octroyé. Les fonctionnaires délégués qui remettent un avis doivent respecter certains critères mais ils oublient que les habitants ne veulent plus abîmer les rives de la Meuse avec des carrières.»

Thierry Mahaut, un membre de l’ASBL, ajoute: «On va se concerter sur la meilleure façon d’introduire un recours. Notre mobilisation va se poursuivre!». À l’heure actuelle, les membres de Namur-Est Environnement espèrent que la Ville de Namur, qui les a soutenus jusqu’ici en étant contre le projet de Sagrex, restera cohérente et continuera à défendre cette position.

Un échevin qui veut agir

De son côté, l’échevin de l’Environnement Bernard Guillitte (MR) veut, lui aussi, entamer un recours au plus vite. «Nous avons un délai de 20 jours pour introduire un recours auprès du ministre Di Antonio, nous n’allons surtout pas rater cette occasion», explique-t-il. Pour lui, ce permis délivré à Sagrex représente une limite à la démocratie participative: «Dans les dossiers les plus techniques, les ressentis des habitants, du Collège communal, mais aussi les effets sur le patrimoine végétal et animal ne sont pas toujours rencontrés. Des gens s’opposent à cette réouverture depuis 25 ans». L’une des prochaines étapes annoncées par la Ville de Namur pour empêcher le projet de réouverture de la carrière de Bossimé sera de renouveler la demande de modification du plan de secteur afin de transformer la zone d’extraction en zone naturelle.

Selon l’échevin, le permis est un risque total pour la faune et la flore présentes dans la carrière. «Des hiboux grand-duc y vivent depuis plus de 20 ans, leur quiétude va forcément être perturbée. Et à la fin de l’exploitation, dans 25 ou 30 ans, ils ne seront plus vivants.» Le constat n’est pas meilleur pour les animaux vivant dans les mares, qui vont être déplacées. L’échevin s’exclame: «On ne déménage pas des mares comme on déménage des meubles!»

Vers des relations apaisées?

Du côté de Sagrex, forcément, le discours est totalement différent. Au sujet des réactions de la Ville et de l’ASBL, la société estime qu’elle va procéder comme dans toutes les carrières qu’elle occupe. «Nous allons créer des comités de riverains et d’accompagnement comme sur nos autres sites. Ce sera le lieu d’information mutuelle et d’un dialogue dans l’intérêt de toutes les parties.» Malgré tout, ils restent conscients qu’une période de recours existe et qu’elle sera certainement utilisée par les riverains et la Ville.

LM - équipe de rédaction

Autres actualités à Vie locale

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Vie locale