Vie locale - Quand le conte se résume en 4 vignettes

Cendrillon, la Belle au bois dormant, la Petite Sirène, le Vilain Petit Canard, Raiponce, le Petit Poucet, la Belle et la Bête… Ces contes sont connus de tous. En revanche, il est beaucoup plus rare de les trouver résumés en quatre cases ou «vignettes», comme celles que l’on trouve dans la bande-dessinée. Loïc Gaume a souhaité s’imposer ce cadre pour adapter 37 contes dont une grande partie a bercé notre enfance. «Ils font partie de notre culture collective. En suivant cette contrainte créative, j’ai voulu rendre ces histoires lisibles par tout le monde.» Pour cela, l’auteur-illustrateur a utilisé des pictogrammes (dessins figuratifs). Ainsi, le conte de la Belle au bois dormant est représenté par une quenouille, celui de la Belle et la Bête par une rose. Blanche-Neige est illustré par une pomme. «Il ne faut pas nécessairement savoir lire. Les enfants dès la maternelle peuvent aussi s’y plonger.» Sous ces pictogrammes, s’ajoutent quelques lignes de texte, «les étapes clé» du récit.

Des récits du quotidien

Loïc Gaume a toujours dessiné. Tout petit, alors qu’il grandissait à Pontarlier, à la frontière franco-suisse, il se souvient qu’il était «plus à l’aise avec des crayons qu’avec un ballon». Ses dessins étaient assez libres. Il était notamment influencé par la BD Tom-Tom et Nana. Après avoir décroché un baccalauréat en Arts appliqués et achevé un Brevet de technicien supérieur (BTS) en Design graphique à Besançon (région Bourgogne-Franche-Comté), il s’installe à La Cambre en Communication graphique. Il ne quittera plus Bruxelles. C’est d’ailleurs dans la capitale européenne qu’est née son inspiration. Pendant trois ans, tous les mois, il écrit un petit cahier de 16 pages où il raconte des anecdotes du quotidien avec humour. Il auto-publie 11 cahiers, la collection Wafel, où il parle du quartier Flagey, d’un voyage à Berlin, de Barcelone, etc. Passionné d’architecture, il se penche ensuite sur les façades de Schaerbeek et réalise un inventaire dessiné. Alors qu’il planche déjà sur son adaptation des contes, le Bruxellois d’adoption participe en 2013 au projet «Cuistax», un collectif d’auteurs bruxellois pour les enfants.

Des versions non édulcorées

Pour réaliser Contes au carré, Loïc Gaume s’est principalement basé sur les écrits d’Andersen, de Grimm et de Perrault. «Je ne voulais pas choisir de versions édulcorées. Les enfants sont aptes à entendre ces histoires, même si elles ne sont pas faciles. Ce sont souvent les parents qui mettent eux-mêmes des barrières en pensant que l’enfant ne le supportera pas.» Après les avoir lus, l’auteur en a extrait des notes, qui lui ont servi à composer ses petits textes. L’ouvrage est accompagné d’un dossier pédagogique, où les enfants de cycle 2 peuvent travailler la relation entre le texte et l’illustration, s’exercer à remettre les vignettes dans l’ordre, ou même mélanger les contes entre eux. Plusieurs ateliers ont été organisés (voir encadré) et Contes au carré a été primé dans la catégorie «Première œuvre» à la Foire du livre de jeunesse de Bologne.

L.C. - équipe de rédaction

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