Vie locale - 18% des Bruxellois ne sont pas connus de la sécurité sociale

Dans un cahier thématique qui vient d’être diffusé, l’Observatoire de la santé et du social de la Région Bruxelles-Capitale s’est intéressé à une question peu traitée: celle du non-recours aux droits sociaux et de la sous-protection sociale. En effet, de nombreuses personnes n’ont pas accès aux droits sociaux qui devraient leur revenir, soit parce qu’ils ignorent qu’ils peuvent en bénéficier, qu’ils ne les demandent pas, ou encore qu’on ne veut pas leur donner. Parmi les nombreuses données de ce rapport, rédigé par la chercheuse Laurence Noël, des chiffres interpellent particulièrement.

On apprend ainsi que 18% de la population bruxelloise en âge actif (18-64 ans) n’avaient pas de position socio-économique connue auprès de la sécurité sociale pendant au moins deux ans (les études prenant du temps, les chiffres datent de 2011 et 2012). En clair, ces personnes, comme l’explique le rapport; «passent entre toutes les mailles du filet de la sécurité sociale et de l’aide sociale». Elles n’adhèrent pas à la sécurité sociale. Ce nombre (133.447) en dehors des radars a pu être calculé grâce à un recoupement avec les registres de la population.

Pas forcément des précaires

Si ces personnes sont inconnues des institutions de sécurité sociales, c’est qu’elles sont sans emploi formel. Ce qui ne veut pas dire qu’en réalité, elles ne disposent pas de revenus. Ainsi, les diplomates et les personnes travaillant dans les organismes européens ne sont pas assujettis aux cotisations de l’ONSS et ne doivent donc pas se faire connaître des institutions de sécurité sociale. Elles rentrent donc dans ces 18% alors qu’elles peuvent bénéficier d’aides sociales autres. Dans ce groupe en zone grise, on compte ainsi près de 21.000 personnes travaillant ou étant en ménage avec quelqu’un travaillant pour une institution de l’Union Européenne.

Ce qui laisse encore plus de 112.000 personnes a priori sans aides sociales. L’Observatoire ajoute que certaines peuvent avoir des revenus autres, comme les rentiers, ou que d’autres sont au foyer et dépendent des revenus de leur conjoint, qui lui est connu des services de sécurité sociale. D’ailleurs, les statistiques montrent que parmi ces inconnus, 61% sont des femmes, or on compte plus de femmes au foyer que d’hommes. À noter que plus d’un tiers de ce groupe est de nationalité étrangère.

Une zone grise

En croisant ces données avec les lieux de résidence, l’Observatoire a remarqué que, si on excluait les ménages travaillant pour les institutions européennes, 39% des Bruxellois inconnus de la sécurité sociale vivent dans des quartiers pauvres. «Elles se trouvent potentiellement dans une situation de sous-protection sociale», commente l’Observatoire, tout en ajoutant qu’il ne s’agit pas non plus d’un indicateur pour mesurer de façon fiable la sous-protection sociale à Bruxelles.

L.C. - équipe de rédaction

Autres actualités à Vie locale

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Vie locale