Vie locale - Trois fauconneaux à la basilique St-Martin

Ils sont trois, deux mâles et une femelle, installés sur une couche plus que confortable de plumes – et de quelques pattes – de pigeons, qui témoignent de l’appétit vorace des jeunes faucons pèlerins. Ils ont trouvé refuge dans une des tours de la basilique Saint-Martin, à l’abri des regards indiscrets et des humains qui pourraient être tentés de vouloir dorloter ces petites boules de duvet. «Ils ont une quinzaine de jours, explique Antoine Dumont, l’ornithologue liégeois qui avait découvert le premier couple de faucons pèlerins liégeois l’année dernière. Ils vont encore rester plus ou moins trois semaines dans le nid avant de commencer à voler.»

Depuis l’année dernière, les faucons pèlerins ont en effet amorcé leur retour en Cité ardente, qu’ils avaient désertée depuis de très longues années. «Mais maintenant, leur population augmente, souligne Antoine Dumont. Ils doivent donc trouver de nouveaux sites de nidification

Et la basilique, avec ses tours qui surplombent la ville, constitue lieu idéal pour ces rapaces dont le mets favori est… le pigeon de ville, sur lequel ils fondent à plus de 400 Km/h.

Mais les trois fauconneaux sont encore loin de ces exploits. Si leurs parents quadrillent en effet un territoire de chasse énorme, leurs petits resteront à proximité du nid pendant quelques semaines encore.

«Les adultes les nourriront encore pendant plusieurs semaines après leur première sortie, continue M. Dumont. Les fauconneaux seront donc visibles sur les tours, les statues ou le faîte du toit.Ce sera spectaculaire, parce qu’on verra alors les adultes venir leur apporter des proies.» Mais après ça, il sera beaucoup plus compliqué d’apercevoir ces nouveaux «Liégeois».

Mais Antoine Dumont a pensé à tout: «Je suis venu lundi les surveiller et les baguer, explique-t-il. Avec une bague de l’institut royal des sciences naturelles, qui leur sert de carte d’identité, mais aussi avec une seconde bague, de couleur cette fois, qui permettra de les repérer de loin pour ceux qui sont un peu équipés.»

Et pour les autres? Là, il faudra patienter. Mais l’ornithologue liégeois a une idée en tête. «À Bruxelles, ils font de la publicité autour des faucons qui nichent dans la cathédrale Saints-Michel et Gudule. Ils ont même mis en place un système de caméras qui permet de les voir en permanence.»

Son rêve? Installer le même système à la basilique Saint-Martin, pour permettre au grand public de suivre le quotidien de premiers faucons pèlerins liégeois.

«Mais pour ça, il faudrait d’abord l’accord des autorités ecclésiastiques, mais aussi un sponsor. Mais, qui sait, peut-être pour l’année prochaine…»

Car il semble maintenant acquis que le couple arrivé l’année dernière à Liège y reviendra encore les années suivantes. Au contraire de leurs petits qui, dès qu’ils seront autonomes, seront «invités» par leurs parents à aller se trouver un autre territoire de chasse…

L.M. - équipe de rédaction

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