Vie locale - Les experts «poids lourd» de la police

La police regorge de spécificités. C’est notamment le cas à la police de la route, où un véritable réseau d’experts s’est créé autour d’une problématique importante: celle des poids lourds. Ce mardi 9 mai, plusieurs experts liégeois ont d’ailleurs rejoint leurs collègues flamands et hollandais à Anvers, où une vaste action de contrôles était prévue. Parmi les différents points soulevés, l’arrimage (la façon dont les marchandises sont sanglées à l’intérieur du véhicule, ndlr), qui constitue un vrai problème. «À titre d’exemple, lors du contrôle anversois, sur 17 camions contrôlés, 11 étaient en infraction au niveau de l’arrimage», explique l’inspecteur William Tiri de la police de la route d’Awans. «C’est un vrai problème de sécurité pour tous les usagers de la route. En cas de freinage ou de virage serré, le chargement doit absolument rester en place.»

Un chargement mal arrimé peut conduire à des situations dramatiques. «Une perte de chargement a causé la mort d’un jeune couple, en 1998, à Herve. Un camion a perdu son chargement, tuant le couple qui circulait à proximité du poids lourd.C’est évidemment un cas particulier et dramatique. Plus régulièrement, ces incidents endommagent des véhicules et entravent la circulation. Il y a trois semaines, dans l’échangeur de Loncin, un chauffeur a perdu son chargement: huit véhicules ont été endommagés. Un autre poids lourd a roulé sur les débris laissés par le premier camion et ses conduites de frein ont été sectionnées: ça aurait pu être plus dramatique si le système de freinage d’urgence du second camion n’avait pas fonctionné. Quoi qu’il arrive, cela représente un coût conséquent pour la société. Il ne se passe pas une seule journée où le radioguidage routier ne prévient pas les usagers d’objets tombés sur la chaussée.»

C’est pour combattre ce type de désagréments que le réseau d’experts s’est créé. Et en l’espace de quelques années, les résultats se sont fait ressentir. D’environ 900 pertes de chargement par an, on est passé à 560 constats annuels en région liégeoise. «On peut se réjouir de la diminution, même s’il y a encore du boulot: on est sur la bonne voie. Sur le terrain, on voit que les mentalités commencent à changer. Certains véhicules sont spécifiquement adaptés à leur marchandise. Des transporteurs achètent des semi-remorques qui résistent à des pressions importantes, même si elles sont plus chères à l’achat. Les mauvaises habitudes, le temps que cela coûte aux différents maillons de la chaîne logistique, la rude concurrence entre transporteurs font que malheureusement, seuls les contrôles policiers peuvent forcer une prise de conscience dans le chef de ceux qui s’en fichent.»

Collaboration avec l’armée

Les policiers de la police de la route – qui doivent par ailleurs continuer d’assumer les autres missions dévolues à leur fonction – doivent donc continuer à taper sur le clou. Pour se former et former des collègues, une collaboration a été mise sur pied en rapport avec la Défense. «C’est un système win-win étudié avec l’armée, au sein de l’école de logistique de Tournai. J’y donne d’ailleurs les cours pratiques», conclut l’inspecteur Tiri.

L.M. - équipe de rédaction

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