Vie locale - Mieux armée contre la drogue au volant

15.400 tests salivaires commandés pour 2015, 21.620 pour 2015 et 36.000 pour 2017. Malgré les restrictions budgétaires, le gouvernement fédéral n’entend pas faire d’économies sur la sécurité routière et encore moins sur un phénomène encore sous sanctionné, la drogue au volant.

Après avoir mis le paquet sur la lutte contre la vitesse (avec des radars qui poussent partout comme des champignons) et contre l’alcool au volant (chaque contrôle routier s’accompagne en principe d’un alcootest), les forces de l’ordre vont à présent pouvoir contrôler la prise de drogue au volant.

« Si vous fumez un seul petit joint, vous devez attendre 12 heures avant de reprendre le volant » , rappelle l’inspecteur Bertrand Caroy, chef de la circulation à la zone Boraine. «

En matière de drogue, il n’y a pas de transaction, c’est le tribunal de police directement, où vous risquez de lourdes sanctions et des frais de justice importants. Pour vous faire une idée, c’est 400 € rien que pour une analyse, à multiplier par deux si vous avez pris deux drogues différentes. » La drogue au volant est une réalité. Lors de la dernière campagne Bob sur la zone Boraine (décembre 2016 et janvier 2017), 283 automobilistes ont été contrôlés positifs à l’alcool au volant et 108 ont été contrôlés positifs à la drogue, sur un total de 7.782 conducteurs contrôlés.

Zone Boraine à la pointe

« Tous les conducteurs contrôlés ne sont pas passés au test salivaire » , explique l’inspecteur Caroy. « Il y a d’abord l’œil du policier qui fait le tri. On a une check-list à vérifier et si, au bout du compte, on a des soupçons, on fait le prélèvement. »

Le test consiste à prélever de la salive sur une spatule que le policier dépose ensuite sur l’appareil. Il faut 8 minutes à celui-ci pour donner la réponse définitive. Huit minutes, cela peut paraître long pour certains policiers qui, dans des zones en sous-effectif, rechignent à se lancer dans de tels contrôles. D’autant que si le test salivaire est positif, il faut alors soumettre le conducteur à une prise de sang. En l’emmenant dans un hôpital ou en appelant un médecin. La procédure est lourde.

Le ministre Geens a été interrogé en Commission Justice sur la nécessité, peut-être, d‘acheter la version électronique du test salivaire. « Lorsque la législation a été mise en œuvre (en 2010, NdlR), la police intégrée n’a pas opté pour le test électronique en raison de son coût et des évolutions technologiques. Ces dernières années, d’énormes progrès ont toutefois été enregistrés dans le domaine des tests salivaires. Il faut minimum 5 minutes pour pouvoir en lire les résultats », a répondu le ministre.

L’inspecteur Caroy confirme qu’après 3 minutes, on peut voir apparaître les premiers résultats et commencer à remplir les documents.

Les 36.000 tests salivaires commandés pour 2017 ont coûté 432.000 euros. Reste à voir quelles zones vont les utiliser. À la zone Boraine, on est à la pointe (les 300 policiers sont d’ailleurs tous formés à son utilisation), mais certaines zones de police n’y ont jamais touché...

SP - équipe de rédaction

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