Vie locale - Les poneys de foire bientôt interdits

Cette décision a eu l’effet d’une bombe dans la communauté des forains. Bianca Debaets (CD&V), la secrétaire d’État bruxelloise en charge du bien-être animal a pris la décision de vouloir interdire l’utilisation des poneys sur les manèges des forains sur le territoire de la région bruxelloise. «C’est évidemment important que des enfants, dès leur plus jeune âge, puissent entrer en contact avec des animaux mais, pour ce faire il existe des lieux appropriés. Je pense par exemple à des fermes urbaines», explique-t-elle. Pour justifier cette décision, Bianca Debaets évoque des conditions de bien être très limitées et qui ne sont plus de ce temps. «On ne peut plus aujourd’hui tolérer que des poneys doivent tourner en rond très longtemps dans un contexte de musique très forte et de bruit assourdissant des autres attractions», poursuit-elle.

Une décision qui a le don d’agacer Patrick De Corte, président de l’union des forains bruxellois. «Je n’y comprends plus rien. Il y a quatre ans, on s’est rassemblé autour d’une table et on était tous d’accord sur les décisions qui ont été prises à l’époque ce qui a donné un arrêté royal», raconte-t-il. «Depuis ce jour, nous avons beaucoup investi notamment dans des box mieux adaptés mais aussi dans des pistes plus grandes», précise Victor De Bel, un forain qui vit de cette activité.

Casser les idées reçues

«On a fait contrôler nos poneys par des professionnels qui nous ont dit que tout était bon et aujourd’hui on veut nous interdire de pratiquer notre métier, mais qui sont ces gens qui parlent sans savoir? Ils ont une opinion mais n’y connaissent rien. Moi j’invite Madame Bianca Debaets à venir passer une journée avec moi et mes poneys pour voir s’ils sont malheureux», s’agace-t-il.

Ce forain l’assure ses chevaux sont bien traités, ils ne travaillent que 70 jours par an et le reste du temps, ils prennent du bon temps dans des prairies loin de l’autoroute et de la pollution. «Un cheval qui travail est un cheval qui est bien traité puisqu’avec l’argent on peut lui payer de la nourriture et tous les soins dont il a besoin», ajoute le forain.

De son côté, Patrick De Corte aimerait casser les idées reçues. «On nous prend pour des personnes qui ne font ça que pour l’argent mais les gens ne se rendent pas compte qu’avec l’entretien d’un cheval ce n’est pas le métier le plus rentable», précise-t-il. «Si on voulait faire de l’argent on ferrait autre chose.» Le projet qui sera soumis prochainement à l’analyse du conseil du Bien-être animal a du mal à passer. «On ne fait rien de mal, nous, on aime nos chevaux et on fait tout pour leur bien-être mais cette décision c’est de la rigolade. On ne peut pas nous imposer d’investir dans du matériel pour ensuite vouloir nous interdire de faire ce qu’on aime quelque temps après», conclut Victor De Bel.

L.C. - équipe de rédaction

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