Vaux-sur-Sûre - La Trouffette bientôt brassée ailleurs?

C’est une fierté de notre terroir ardennais et luxembourgeois qui pourrait faire ses adieux à la province. En effet, la Brasserie de Bastogne, forte de son succès croissant, chercherait à s’implanter dans de plus grands locaux pour assurer un plus grand débit. C’est ce qu’explique Philippe Minne, le maître brasseur de la brasserie: «Nos locaux deviennent beaucoup trop petits par rapport à l’augmentation de la demande. Nous devons même louer des parties d’entrepôts à des tiers. Actuellement, nous avons plusieurs idées d’endroits où aménager. Nous hésitons encore entre un endroit dans le zoning de Bastogne ou à Baillonville, dans la province de Namur. Le terrain de Baillonville est, actuellement, plus intéressant pour nous».

Changement de nom?

Ce choix de déménager la brasserie pourrait soulever certaines questions. En effet, les bières actuellement brassées à Sibret comme la Trouffette ou la Bastogne Pale Ale s’inscrivent dans les produits du terroir bastognard. Un déménagement pourrait déraciner l’ancrage ardennais de la brasserie et de ses breuvages.

«C’est un risque possible. Néanmoins, ce n’est pas à Bastogne que l’on vend le plus. La moitié de notre production est destinée à l’exportation. Il est donc impératif de satisfaire au mieux toute la clientèle», avoue Philippe Minne.

Est-ce que cela signifie un changement de nom pour la brasserie et pour la gamme des produits proposés?

«Le nom des bières ne devrait pas changer mais en ce qui concerne le nom de la brasserie, il faudra sûrement réfléchir à une autre appellation», répond le maître brasseur.

Marc Cleeremans, ingénieur brasseur pour la Brasserie de Bastogne, dévoile déjà les objectifs du futur déménagement: «l’objectif premier après le déménagement est de reproduire les mêmes bières avec le même savoir-faire qu’à Sibret. C’est un gros travail de recalibration car on doit satisfaire les mêmes attentes des consommateurs. Une fois cela fait, nous réfléchirons à des idées pour élargir les différentes gammes de bières déjà proposées. Plus tard, nous réfléchirons peut-être à des nouvelles bières. Il est cependant trop tôt pour en parler».

Les ambitions de la brasserie sont en tout cas bien réelles. C’est ce que dévoile Marc Cleeremans: «la Brasserie produit actuellement 1400 hectolitres par an. Dans nos futures installations, nous viserons au début, un rendement de 2000 hectolitres et nous aimerions l’augmenter jusqu’à 5000 hectolitres. De nouveaux locaux seraient également le signe d’un agrandissement du personnel. Six personnes travaillent actuellement dans l’entreprise».

À Sibret pour encore au moins un an

Ce projet est dû au succès national mais aussi international des bières brassées à Sibret: «la moitié de notre production est exportée et la demande est internationale. Nos bières sont vendues en Italie, en France, en Russie, aux États-Unis, en Chine, au Japon, etc. Nos bières ont également été plusieurs fois primées à des concours nationaux et internationaux», souligne Marc Cleeremans.

Le maître brasseur Philippe Minne tient tout de même à rassurer: «nous sommes encore loin d’être partis. Nous sommes encore en place à Sibret pour au moins un an. D’ailleurs, nous avons fait l’acquisition récente de nouvelles cuves à bière de plus grande capacité pour remplacer les anciennes».

LM - équipe de rédaction

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