Tournai - François Clément: «Le carillon est ma Madeleine de Proust»

Tout commence par son grand-oncle, connu dans la région sous le surnom de Géo Clément (Georges, de son prénom). Né en 1902, Géo commence le carillon en 1920. Très vite, la réputation du jeune homme le précède et le conduit à créer sa propre école de carillonneur, à Mons. Il demande alors à son frère de prendre le relais pour la région tournaisienne. C’est chose faite et, en 1957, c’est le talent de Maurice Clément que l’on entend raisonner. Plus tard, c’est son petit-fils, François qui le remplacera et qui officie toujours aujourd’hui. «Jouer du carillon est pour moi synonyme de souvenirs merveilleux. Mon Grand-père habitait au pied du Beffroi. Le dimanche, lorsque j’avais fini de jouer, je me rendais chez lui et, autour d’une bonne bière, l’heure était au débriefing. À mon respect se mêlait alors une grande admiration. Le carillon est ma Madeleine de Proust», confie François Clément, également professeur de français.

Des souvenirs indélébiles

Une fois les 257 marches du Beffroi gravies, l’homme prend toujours le temps d’admirer la vue. «Être carillonneur me confine dans une certaine discrétion. On m’entend, mais on ne me voit pas. Il y a un côté invisibilité qui me plaît beaucoup», explique-t-il, avant d’entamer le chapitre de ses prestations les plus marquantes.«Jouer le soir de Noël, par exemple, c’est fantastique. Aux odeurs de vin chaud, se mêlent les lumières, l’ambiance, la convivialité d’un soir de fête. Lorsque je joue, les gens reconnaissent les accords et parfois, ils se mettent à chanter. C’est un moment exceptionnel pour moi qui suis à 20 mètres de hauteur que d’entendre cet écho. Dans le cadre du Ramdam Festival aussi, j’ai eu a joué des musiques de film. Je peux vous dire qu’entamer le générique de l’Exorciste, en janvier, alors que la brume se dissipe à peine, cela donne des frissons!».

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Il se souvient: «Lorsque nous faisons visiter le Beffroi, la chambre de répétition, et le carillon aux écoles de la région, cela ne loupe pas! Les enfants font toujours référence au film de Dany Boon, dans lequel il est aussi joueur de carillon, comme l’était son grand-père. Je ne peux qu’être touché par cette référence familiale. Tout comme lui, j’exerce cette passion en dehors de mon métier et, il arrive qu’entre deux cours, je monte ici me défouler. Cela me vide la tête, m’apaise et me fait immanquablement penser à mes aïeuls».

François fera tinter le carillon le 24 décembre, à 17h. De quoi s’offrir une douce mise en bouche aux prémices du réveillon et pourquoi pas, de pousser la chansonnette pour le plaisir de tous ceux qui, les pieds au sol, auront un regard vers le sommet.

Emmeline Beirnaert - équipe de rédaction

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