Tournai - Décor pour un meurtre

Jeudi 25 mai, en soirée, la rue Massenet traversée par le musée du folklore a été le théâtre d’un meurtre. Mais un crime pour du beurre. Un crime pour la série télévisée française «les Petits Meurtres d’Agatha Christie» qui a réuni 4,14 millions de téléspectateurs lors de la deuxième saison, celle où le commissaire Swan Laurence (Samuel Labarthe), la journaliste Alice Avril (Blandine Balavoir) et la secrétaire Marlène (la bluffante Élodie Frenck) se partagent l’affiche. Les décorateurs avaient disposé trois faux réverbères et enlevé une affiche immobilière pour restituer l’ambiance des années 60. «À Tournai, vous avez encore la chance d’avoir ces rues qu’on trouve plus difficilement à Lille, où les anciennes voiries sont devenues des artères commerçantes», explique le directeur de production, Laurent Chiomento.

«Nous disposions d’un délai relativement court, mais votre mairie (sic) a été très réceptive et proactive», se réjouit le responsable du tournage.

«Tout ce qui est contemporain, on le masque ou on le transforme», fait-il remarquer. «Même si les années 60 ne sont pas très loin, beaucoup de choses n’existent plus comme les marques qui étaient jaunes sur les routes et pas blanches. Les fenêtres PVC, les boîtes EDF (Ores, en Belgique)n’existaient pas par contre. Le rôle des décorateurs est très important car le succès de la série est dû à la qualité de l’image, à l’ambiance». Les routes ont même été arrosées non pas parce que l’intrigue se déroule par temps de pluie mais pour la qualité de la lumière. Et pas de mauvaise surprise de la part des riverains. «En France, il y a parfois des énergumènes qui viennent sur le tournage pour chahuter ou klaxonner avec leur véhicule», constate un assistant régisseur. «Pas de cela ici apparemment».

Les décors récurrents comme le commissariat, les appartements du commissaire et de la journaliste ou encore la rédaction de la Voix du Nord sont les plus plébiscités lors des journées du patrimoine organisées à Tourcoing, là où la série a son quartier général. Même si l’intrigue est censée se dérouler dans le Nord de la France, sans référence explicite à la Belgique, Tournai peut s’attendre à des retombées touristiques.

Sur les 90 minutes que compte l’épisode, 10 se déroulent dans la cité des Cinq Clochers. «Il faut compter trois minutes par jour de tournage», précise le directeur de production. Chaque scène est tournée au moins cinq fois, comme nous en avons pu nous en rendre compte jeudi soir à la rue Massenet, où a été assassinée une jeune femme à coups de ciseaux. L’intrigue se déroule dans le milieu de la haute couture, mais chut: motus et, c’est le cas de l’écrire, bouche cousue.

«Les Petits Meurtres d’Agatha Christie» étaient déjà venus tourner un épisode entier au château d’Antoing. Une histoire de rapt d’enfant. C’était en 2015. Un excellent souvenir tant pour le héros incarné par Samuel Labarthe (voir ci-dessous) que pour l’équipe de tournage. «Le Prince (Charles-Antoine de Ligne) était fortement sympathique. Il a pris le tournage comme une grosse rigolade. Il était intéressé de voir comment cela fonctionnait», se souvient Laurent. «Puis vous avez ce sens de l’accueil, cette hospitalité, cette gentillesse», surenchérit le commissaire Swan Laurence, dont la sincérité n’était pas feinte. On peut retourner le compliment à l’équipe de tournage, très ouverte et sympathique avec les visiteurs sur le plateau. «Les Petits Meurtres» reviennent en juin dans le parc de Tournai pour tourner la suite. Affaire, pardon, feuilleton à suivre.

NE - équipe de rédaction

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