Tourinnes-la-Grosse - Les fêtes de la Saint- Martin questionnent le métissage culturel

L’arrivée du mois de novembre sonne le début des Fêtes de la Saint-Martin à Tourinnes-la-Grosse, et ce depuis plus de 50 ans. Son parcours d’artistes est le premier de Belgique, aussi bien au niveau de l’année de création (1968) que du nombre d’artistes exposants (environ 200). Chaque week-end, 96 lieux du village de Tourinnes ouvrent leurs portes pour héberger des sculptures, peintures, photographies, bijoux et autres formes artistiques.

Parallèlement à ce parcours OFF, 13 artistes plasticiens exposent dans le cadre des «expos IN» consacrées à l’art contemporain. «Pour cette 52e édition, nous avions la volonté de monter un projet en phase avec l’actualité, marquée par la crise des migrants », explique Didier Cloos, organisateur des Fêtes. «L’objectif n’est pas de se positionner en donneur de leçon, mais d’apporter un regard, d’amener à une réflexion », précise-t-il. L’organisateur a donc contacté Mehdi-Georges Lahlou pour être le commissaire de ces expositions. «J’avais eu l’occasion de voir son travail qui apportait un regard sur le métissage culturel entre personnes venues d’horizon différent, et c’est cela que je voulais pour les fêtes de la Saint-Martin». Il faut dire qu’ayant vécu en France, au Maroc et en Belgique, et d’être née une mère espagnole catholique et un père marocain musulman, Mehdi-Georges Lahlou s’y connaît en mélanges des cultures.

Un parcours Max Vanderlinden

Le commissaire a donc rassemblé, à ses côtés, 12 artistes venus de Belgique, France, Italie, Liban et d’Afrique du Sud sur le thème de «A gorge sèche, après la traversée». «Ce sont des artistes habités par le déplacement: qu’ils cultivent des racines d’ici ou loin de là, qu’ils se réclament de leurs origines ou qu’ils les laissent hors sujet, ils ont en commun d’envisager poétiquement le monde globalisé, malaxant leurs identités multiples, remodelant à loisir leurs cultures doubles ou triples, et se jouant des distances, qu’elles soient physiques ou métaphoriques », détaille Mehdi-Georges Lahlou. «La traversée ne doit pas être vue uniquement comme la traversée de la Méditerranée. C’est surtout un chemin de pensée d’une culture vers l’autre », ajoute Didier Cloos.

Si cette sélection est très internationale, les artistes locaux ne sont pas oubliés. Comme chaque année, un parcours spécial sera consacré à Max van der Linden, céramiste de renom originaire de Nodebais, et créateur des Fêtes en 1965. Un autre artiste de Nodebais, Claude Rahir sera également mis à l’honneur à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort.

Les fêtes de la Saint-Martin, c’est aussi un grand spectacle joué par 150 comédiens amateurs dans l’Église de Tourinnes. Cette année, il s’attaque à une pièce de Shakespeare. «Le spectacle proposé s’appelle Comme il nous plaira, adapté de As you like it. Il n’y a pas d’erreur de traduction car les metteurs en scène, Muriel Clairembourg et Jean-Marc Delhausse, ont vraiment fait ce qu’ils voulaient au niveau de l’adaptation en ajoutant d’autres personnages de Shakespeare tels que Roméo et Juliette ou Falstaff», raconte l’organisateur des Fêtes. Le premier lever de rideau aura lieu ce samedi 11 novembre, avant d’être rejoué à sept reprises dans une église qui devrait à nouveau faire salle comble.

Enfin, les fêtes se clôtureront par un grand concert le 2 décembre, toujours dans l’Église Saint-Martin. Ce sera un Te deum d’Avro Pärt et Britten, avec des musiciens issus de l’opéra royal de Wallonie et l’ensemble vocal Equissonnance.

> Expositions accessibles les samedis de 14h à 18h et les dimanches de 12h à 18h. Accueil: école communale, Place Saint-Martin 3 à 1320 Tourinnes-la-Grosse. Badge d’accès aux expos: 3€ – Catalogue et plan: 8€. Infos et réservations: www.tourinnes.be ou 010 86 64 04

Candice Denis - équipe de rédaction

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