Stavelot - Le Perron dans l’histoire

Elle ne symbolise pas, comme on le lit parfois, les libertés démocratiques; il s’agit d’un monument d’Ancien Régime érigé en 1769 par le prince-abbé Jacques de Hubin dans le but d’affirmer l’indépendance de son État et la puissance de son Église: au sommet de l’édifice, une croix de métal dominait autrefois la colonne du perron qui écrase quatre loups couchés. Des loups qui sont symboliquement associés à la nature sauvage et… à la liberté. De plus, le bulbe de la fontaine porte un texte latin dont la lecture, alors inaccessible à la population, contient une dimension politique en précisant que, sous son règne, «des fleuves de paix» baignent la principauté.

Il pourrait s’agit d’un rappel de la prise et de l’incendie de la ville par les troupes de Louis XIV, quatre-vingts ans plus tôt. Jacques de Hubin avait aussi fait sculpter son blason dans la pierre, blason qui fut martelé lors des événements révolutionnaires. Dès le mois d’août 1789 en effet, un manifeste circulait en terre abbatiale invitant la population « à se rassembler sur la place de Stavelot et à se parer de la cocarde de la liberté ».

En octobre de la même année, les patriotes s’y réunirent donc, cocarde au chapeau, pour exiger du prince la convocation d’une Assemblée nationale. En 1792, l’armée de la jeune République française entra dans la ville et c’est toujours au pied de la fontaine que fut organisée la cérémonie de rupture avec l’Ancien Régime: la souveraineté nationale fut proclamée et l’arbre de la liberté planté.

Autre cérémonie symbolique: le 28 juin 1919, jour de la signature du Traité de Versailles, la population en fête se rassembla « tot près du nos’ bon vî Perron » pour pendre et brûler l’effigie du Kaiser Guillaume II qui n’avait plus, à ce moment et selon les termes de la chanson moqueuse écrite pour l’occasion, « lu gueuïe à l’fièsse ».

Patrice Lefebvre - équipe de rédaction

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