Stavelot - Laetare d’autrefois

Chaque épisode était organisé par une société différente, successivement l’Orphée, l’Émulation et les Artisans. En 1886, le Laetare a lieu le 4 avril et la revue fait défiler «une petite armée congolaise commandée par un chef africain et précédée par un souverain blanc chevauchant… un âne». Le rapport à l’actualité et la moquerie à l’égard du Léopold 2 sont évidents puisque celui-ci était devenu l’année précédente souverain de l’État indépendant du Congo. Ce théâtre itinérant jouait aux endroits suivants: rue Neuve, Rivage, rue Haut Rivage, rue Henri Massange, place Prume, rue Haute, Fontaine du Marché et place du Vinave.

À chaque station, les soldats assiégeaient les passants et pénétraient dans les maisons, criant « Pour les pauvres, s’il vous plaît ». La collecte ramena 284,56 francs. Même opération de solidarité deux ans plus tard: le journal «L’Annonce» lança d’ailleurs un appel pressant: « Jamais la misère ne s’est fait sentir avec autant de rigueur que cette année: la longueur de l’hiver et ses suites ont plongé plus d’une famille dans une triste position (…) Nous espérons que la recette de cette année dépassera celles des années précédentes et que les pauvres auront à remercier notre généreuse population ».

En 1890, le char des Artisans présentait en chansons les différents métiers des membres de la société. En 1894, ils parodièrent «Lu café do renseign’mint», un établissement de la route de Somagne. En 1895, la revue portait pour titre «Lu scole du Stav’leu». Une plaisanterie qui serait aujourd’hui qualifiée de raciste (nous vivons dans une époque où l’humour est placé sous haute surveillance) puisque l’école recevait en le ridiculisant un inspecteur… congolais. Le programme était le suivant: réception des Congolais à la gare, départ du cortège, examens en rue Neuve, place du Vinâve, place du Marché, place Prume et place du Rivage. Quant au cortège, il était composé d’un groupe de soldats à cheval, du char de la musique congolaise, de celui de «Li scola congola Stav’lota» et d’un carrosse conduisant l’inspecteur nommé «Bamboula».

Patrice Lefebvre - équipe de rédaction

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