Stavelot - Le bilan de l’Institut du patrimoine wallon à Stavelot

Le 31 décembre dernier a vu non seulement le patron de l’Institut du patrimoine wallon (IPW) prendre sa retraite à 62 ans passés, mais aussi la disparition de l’organisme public qu’il avait dirigé depuis sa création en 1999 avec plusieurs missions complémentaires de celles de l’Administration: aider des propriétaires, public ou privés, à sauver leurs monuments en danger; valoriser les monuments appartenant à la Région wallonne elle-même; développer un Centre de formation aux métiers du Patrimoine sur le site de l’ancienne abbaye cistercienne de la Paix-Dieu à Amay. À quoi s’ajoutèrent en 2005 des missions de sensibilisation du public: publications, émissions TV, Journées du Patrimoine,etc.

L’IPW a été contraint de fusionner au 1er janvier avec les services du Patrimoine de l’Administration wallonne pour simplifier le paysage institutionnel aux yeux du grand public, mais ce n’était certes pas en raison d’un manque d’activité de sa part. Dans les discours d’adieu qu’il a tenus à Namur le 20 décembre et à Verviers le 22, le futur retraité du futur organisme disparu a rappelé qu’en 18 ans, celui-ci avait réussi à monter des projets de sauvetage de monuments ou de valorisation de propriétés régionales sur plus de cent biens et pour près de 160 millions d’euros d’investissements. La Paix-Dieu est devenue «la» référence européenne en matière de formation, elle a accueilli 8300 stagiaires depuis 1999 ainsi que 13.000 jeunes venus en classes d’éveil. L’IPW a publié en 13 ans pas moins de 280 titres et vendus ceux-ci à plus de 160.000 exemplaires. De longues collaborations ont été nouées avec la RTBF («Télétourisme», «Ma Terre») et Paris Match Belgique.

La principale mission de l’IPW à Stavelot relevait de la gestion des propriétés régionales, en l’occurrence l’ancienne Abbaye. Non la gestion quotidienne assurée avec brio par Virgile Gauthier, mais la présidence de l’ASBL gestionnaire (présidence assurée de droit et en fait par l’IPW depuis ses débuts) et tous les investissements publics: la restauration du monument avec la création de la galerie vitrée et l’installation des nouveaux musées au début des années 2000, la création de l’espace Wibald pour renouveler partiellement la scénographie ensuite, l’installation de cuisines professionnelles pour le tourisme d’affaire, la stabilisation des vestiges de l’ancienne église abbatiale, la consolidation prochaine de la tour,etc.

L’IPW épaulait également la ville dans le sauvetage de la maison Hastir rue Haute, petite maison en pans-de-bois nichée au cœur d’un îlot abritant plusieurs constructions similaires, mais celle-ci étant dans un état de dégradation avancée. Les nombreuses tentatives de l’Institut et de la Ville de convaincre le propriétaire de sauver son bien ayant été vaines, c’est désormais la Ville qui va prendre le relais pour préserver ce monument classé.

Sur le plan de ses éditions, l’IPW avait publié en 2012, à l’occasion des dix ans de réouverture de l’Abbaye, un très beau livre consacré à Celle-ci. Enfin, c’est le reliquaire du Trésor de l’ancienne Abbaye (aujourd’hui conservé à New York) qui fait la couverture du Dossier consacré par l’IPW aux œuvres d’art wallonnes dans les collections des musées américains, paru en 2017: c’est en tentant vainement d’obtenir le prêt de cette œuvre exceptionnelle pour une exposition qu’est née l’idée de ce volume, fruit de 12 années de recherche et dans lequel le Trésor de Stavelot est en bonne place.

Freddy Joris - équipe de rédaction

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