Stavelot - Les hivers d’autrefois en Ardenne

Depuis le début du 20e, le climat se fait moins rude même si quelques périodes ont marqué la mémoire collective: les hivers 1941-1942, 1946-1947, 1955-1956 et 1962-1963 furent remarquables par la persistance de grands froids. À Stavelot, en 1956, la presse locale a conservé le souvenir de 42 jours de neige et d’une température de – 17,9º en février. En 1963, on mesura – 20º en janvier et le gel dura jusqu’en mars. L’école de Lodomez dut être fermée en raison d’une panne de chauffage, la Croix-Rouge ouvrit un local chauffé et distribua des boissons chaudes. De plus, le sol étant gelé en profondeur, plus de deux cents maisons furent privées d’eau et il fallut renoncer à enterrer les morts. Route de Trois Ponts, le personnel des Ponts et Chaussées (qui, comme les services communaux, luttait difficilement dans la neige et le froid) trouva à employer un extraordinaire chasse-neige venu du Canada: il était doté à l’avant de bras semblables à ceux d’un moulin qui, en tournant, pouvaient creuser un passage dans les murs de neige qui bloquaient de nombreuses routes, vers Francorchamps et Hockai notamment. Les enfants, eux, prenaient place dans de longs trains de luges, qu’ils nommaient «guilètes» («file, rangée» en wallon) et, profitant de l’absence de circulation automobile, dévalaient joyeusement de la Collerie à la rue Gustave Dewalque et du sommet du Stockeu au pont de l’Amblève. Ou alors ils allaient faire des glissades sur les étangs gelés. Ce souvenir constitue sans doute une bonne raison de regretter les hivers d’autrefois.

Patrice Lefebvre - équipe de rédaction

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