Stavelot - Voici 225 ans, l’Arbre de Liberté

Dès le mois d’août 1789, la révolution française trouva un écho dans la principauté de Stavelot-Malmedy et des protestations s’élevèrent contre le régime théocratique alors en place. Le prince-abbé fit prévenir son protecteur, l’empereur du Saint-Empire Joseph II, qui menaça aussitôt les sujets de Stavelot, Malmedy et Logne: les attroupements étaient interdits et toute tentative de modifier la législation serait punie de mort. Pourtant, en octobre, la population se rassembla pacifiquement autour du perron (qui date de 1769 et symbolise l’Ancien Régime et non «les libertés» comme on le croit souvent), pour demander la création d’une Assemblée nationale où chaque communauté serait invitée à envoyer ses représentants. C’est une véritable revendication démocratique: comme à Paris et à Liège, le peuple stavelotain souhaitait participer à l’exercice du pouvoir. Le prince-abbé feignit d’accepter mais, un mois plus tard, quatre compagnies de soldats prussiens étant arrivées à sa demande, il renia sa parole. Une deuxième manifestation eut lieu au printemps 1790 et, cette fois, les habitants brandissaient des armes en guise d’avertissement. Ils ne passèrent donc pas aux actes mais, en juillet, le monastère fit partir pour l’Allemagne des voitures chargées d’archives et de biens précieux. La guerre entre la France et le Saint-Empire éclata en 1792. La victoire de Jemappes le 6 novembre et l’arrivée imminente de l’armée de la révolution provoquèrent la fuite du prince-abbé. Le 10 décembre, les troupes françaises entrèrent dans Stavelot et firent ouvrir les cachots du château où des citoyens avaient été emprisonnés pendant que la population se rassemblait à nouveau sur la Place du Marché (ainsi la nommait-on alors) pour y planter l’Arbre de la Liberté. Un geste symbolique posé il y a exactement 225 ans.

Patrice Lefebvre - équipe de rédaction

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