Stavelot - Victor Hugo à Coo

Il vint d’abord à Spa, en 1847. Mais il exécra la société d’oisifs qui fréquentait la ville d’eaux et écrivit ironiquement ceci : « Voici quels sont les plaisirs des baigneurs riches, nobles, élégants, intelligents, spirituels, généreux et distingués de Spa : emplir un baquet d’eau, y jeter une pièce de vingt sous, appeler un enfant pauvre et lui dire : je te donne cette pièce si tu la prends avec les dents. L’enfant plonge la tête dans l’eau, y étouffe, y étrangle, sort tout mouillé et tout grelottant avec la pièce d’argent dans la bouche, et l’on rit (…) » En 1864, il était à Coo où il exécuta un dessin (publié dans « Hugo, Apollinaire et les autres, Ecrivains et patrimoine au Pays de Stavelot ») sur lequel il nota : « Cascade de Coo, 29-7-64, La vieille au chien ». On reconnaît parfaitement les deux chutes surmontées d’un pont sur lequel passe une charrette. A l’avant plan, une femme est assise à même le sol. Elle s’appuie sur un bâton, son vêtement est rapiécié. C’est une mendiante. Depuis fort longtemps (le fait est déjà signalé en 1734), à Coo, les nécessiteux amusent les excursionnistes venus de Spa en jetant des chiens dans la cascade : quelques pièces récompensent le « spectacle » que donnent les pauvres bêtes en s’efforçant d’échapper à l’eau tourbillonnante. Plus tard, dans « Choses Vues », Hugo écrit sa compassion à l’égard de « tous les souffre-douleurs de la création, depuis la femme mal mariée jusqu’au chien que l’on jette dans la cascade de Coo ».

Patrice Lefebvre - équipe de rédaction

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