Spa - On restaure une rosace unique en Belgique

Elle était en piteux état et menaçait de tomber. Alors qu’il était prévu de remplacer la rosace de l’église protestante de Spa, dont on pensait qu’elle n’avait rien de vraiment unique, par un simple œil-de-bœuf, le hasard, et surtout la spécificité de cette rosace en auront voulu autrement.

C’est que, une rosace de ce type, on n’en connaît pas d’autre en Belgique. Elle est unique de par son double plan, une caractéristique que l’on a retrouvé uniquement à Avila, en Italie. « La rosace tourne autour de son axe. Les verres du plan arrière peuvent se positionner derrière les verres du plan avant, ce qui permet de passer d’une position été, ventilée, à une position hiver, fermée, avec butées et contrepoids incorporés et même une poulie dans l’épaisseur du mur. Une petite prouesse technique », s’enorgueillit Anne de Bremaecker, la responsable de la restauration de l’église.

En décrochant la rosace du pan de mur depuis lequel elle menaçait de tomber, elle se rend compte qu’elle est exceptionnelle. « Elle est composée de 2 x 16 rayons en verres colorés à motif d’étoiles sablées, avec ossature en fer. La densité des verres et le double plan permettent à ce vitrail de donner une ombre extrêmement jolie, comme une dentelle, qui bouge lentement avec le soleil sur le mur du chœur de l’église. Une vision unique! »

Aussi belle soit elle, la rosace avait grand besoin d’un ravalement de façade. « Le châssis en bois semblait tellement pourri qu’il y avait danger qu’elle ne tombe un jour de 9 mètres de haut », explique Anne de Bremaecker. Une restauration s’imposait donc. Celle-ci a bénéficié du soutien du Fonds Richard Forgeur, pour un montant de 10.000 euros. Créé par un expert du patrimoine liégeois, le Fonds Richard Forgeur, géré par la Fondation Roi Baudouin, a précisément pour but de soutenir les projets de conservation ou restauration du patrimoine architectural de la région. Le Fonds est présidé par Michel Forest, gouverneur honoraire de Liège.

Des artisans de la région

Afin de conserver le caractère authentique et unique de la rosace, des artisans locaux ont été mis à contribution. « Nous avons fait appel à l’expertise de Jean-Marie Geron, maître verrier de Verviers, Docteur de la Sorbonne et spécialiste du vitrail contemporain, qui avait lui-même repéré le design exceptionnel de la rosace. L’ossature en fer forgé a été décapée, sablée et métallisée. Sa structure est d’une admirable finesse. Un nouveau châssis de bois, en Douglas d’Amérique comme le précédent, a été réalisé par un artisan local. Ceci nous a garanti un travail soigné. Et pour finir, les nouveaux verres aux étoiles sablées ont été fabriqués chez Wagener à Eupen », précise Anne de Bremaecker, ravie du résultat.

La rosace restera exposée dans l’église jusqu’aux journées du patrimoine, les 8 et 9 septembre prochain. Après cela, elle sera replacée en haut du pignon de l’église, où il ne sera plus possible d’en admirer les détails jusqu’à sa prochaine restauration.

Victoria Marche - équipe de rédaction

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