Romedenne - Petit cours d’histoire

Venant par Surice, après avoir fait tomber Dinant, les soldats allemands sont arrivés au petit matin à Romedenne le 25 août 1914. La veille, à Surice, les combats avec les Français ont fait rage et causé de grandes pertes chez les Allemands, dont la mort d’un colonel. Le soir, une fois les troupes françaises retranchées, les Allemands commettent les pires atrocités, incendiant 130 maisons (sur 138), fusillant le prêtre dans son église avant de bouter le feu au bâtiment.

Arrivés à Romedenne, ils sont attendus par les mitrailleurs français qui ouvrent le feu… Le combat sera, là aussi, terrible et sanglant. Les soldats français se retirent en laissant sur le champ de bataille plus d’une cinquantaine de cadavres.

Comme à Surice, les Allemands mettent le village en feu avec sauvagerie: 119 maisons sont réduites en cendres (sur 198), jusqu’à l’église… Fous de rage, les Allemands ne se contentent pas de tout saccager et de bouter le feu; ils vont aussi maltraiter la population et massacrer 11 civils, hommes, femmes et jeunes enfants condamnés à mort sans jugement pour avoir abattu un commandant allemand (mort au combat d’une balle française).

Voici peu, la population et des invités venus d’un peu partout se sont réunis pour commémorer les victimes civiles et militaires des 24 et 25 août 1914 (60 morts à Surice et 11 civils à Romedenne, sans compter les soldats tombés au feu du combat!), et inaugurer une stèle à mi-chemin entre Surice et Romedenne.

Créée et gravée par Muriel Prignon, artisane tailleuse de pierres de Gochenée, cette stèle est posée pour marquer le souvenir et le temps, passé et futur, sur le site même où des civils ont été abattus devant leurs familles.

Jusqu’au 19 septembre, vous pouvez aussi compléter cette visite au Centre culturel Les Halles de Philippeville qui propose, en collaboration avec le Comité 14-18 Surice-Romedenne, l’exposition «(se)Reconstruire, Surice et Romedenne se relèvent». Celle-ci aborde la reconstruction d’après-guerre la plus importante de l’histoire de la Belgique. Sous régime d’occupation, la Belgique doit trouver des solutions pour reloger les sinistrés et envisager le relèvement du pays. C’est à travers une quinzaine de panneaux que la cellule du Patrimoine culturel de la Province de Namur retrace cette entreprise colossale et pourtant méconnue. Tout comme l’état des destructions, les tentatives de reconstruction allemandes, l’habitat temporaire, le débat esthétique et la reconstruction effective des immeubles…

CaT - équipe de rédaction

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