Péruwelz - Michaël Van Wynsberghe: «La Poudrière m’a tendue la main»

Les gens s’y croisent, déambulent dans les gigantesques allées du hangar à la recherche d’un meuble, de vaisselle ou d’objets utiles au quotidien. À la Poudrière, on discute aussi, autour d’un café dans l’espace bar créé et installé par Michaël et Albert, tous deux responsables de la section meubles. La charge de travail qui y est réalisée est impressionnante. La taille des bâtiments, monumentale. Le travail au sein de l’association ressemble à une ruche dans laquelle chacun connaît son rôle. Parmi les abeilles ouvrières, Michael Van Wynsberghe raconte le chapitre de vie qui l’a amené ici et la manière dont cette arrivée a bouleversé sa personnalité.

Tout en faisant office de guide dans les différentes ailes du site, Michael se confie: «Avant, j’étais commis de cuisine. Suite à une succession d’événements difficiles, je me suis retrouvé presque à la rue. Le C.P.A.S de Péruwelz m’a alors dirigé vers l’asbl et j’ai atterri ici en janvier 2015».

La visite se poursuit et nous amène jusque dans son atelier, spécialement aménagé pour ses créations en palette: «En cuisine, j’avais l’habitude d’être créatif. Je transpose cette créativité dans le bois à présent». Et l’homme de 44 ans ne manque pas d’idées: salon de jardin, fauteuil, miroirs… Entre ses mains, les palettes trouvent une nouvelle fonction et deviennent objets du quotidien. Les meubles en bois sont ensuite vendus au magasin et connaissent un grand succès. À l’occasion des fêtes de fin d’année, c’est dans la conception de sapin en bois que Michael s’est lancé.

«Je me sens plus stable depuis que je vis ici»

Pour la famille et les proches de Michael, le constat est sans appel: le fait de s’investir au sein de la Poudrière l’a rendu plus équilibré. Et il ne dira pas le contraire: «Cela a vraiment engendré un changement dans ma personnalité. Je me sens plus stable, plus posé depuis que je vis ici. Ce qui me plaît beaucoup, c’est de faire plaisir aux gens. On croise beaucoup de monde au magasin. Lors d’une vente, il est important de cerner le client. Il y a des brocanteurs, des visiteurs et des gens qui sont réellement dans le besoin. Je le sens tout de suite, pour l’avoir vécu sans doute… L’argent se fait rare, je le constate tous les jours. Et lorsque je vois les acheteurs repartir le sourire aux lèvres, je suis vraiment satisfait de mon travail. C’est comme rendre le geste, la main qu’on m’a tendue. J’ai choisi cet investissement, j’aime ce que je fais, mes compagnons, mon travail… Nous sommes comme une grande famille».

Sur le site péruwelzien, 25 personnes se côtoient au quotidien et travaillent à plein-temps. L’utopie, la présence, le travail, l’amitié et la formation sont les créneaux ancrés en eux. «On nous explique tout cela lors des formations. Nous perdurons ainsi le système et véhiculons les valeurs de la communauté, créée en 1958».

Aujourd’hui, en plus de sa journée de menuisier, Michaël sera derrière les fourneaux et mettra ses talents de cuisinier au service de sa famille d’adoption. Au menu, omelette façon campagnarde. À la carte, chaque jour: entraide, écoute et amitié.

E. Beirnaert - équipe de rédaction

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