Noville - Des noms de rues en l’honneur des fusillés

Les plaques ont été inaugurées lors du week-end de la Foire aux Noix. Ce projet a été mis en place avec deux objectifs principaux. D’abord, la préservation de la mémoire et le devoir pédagogique lié à l’histoire de la commune. Ensuite, la simplification des recherches d’adresses, notamment avec les GPS, pour les visiteurs et les services de secours. Dans ce cadre, d’autres villages de la commune de Bastogne pourraient également faire l’objet de la même démarche.

Plusieurs rues du village portent donc un nom. La rue de l’Abbé Louis Delvaux, curé de Noville où il fut arrêté puis fusillé par l’ennemi le 21 décembre 1944. La rue des frères Deprez: Félix Deprez était agriculteur à Noville, François Deprez, papa de trois enfants, était également agriculteur à Noville. La rue Auguste Lutgen: instituteur, il était le papa de cinq enfants. La rue Joseph Rosière: papa de cinq enfants, il était agriculteur. La rue Roger Beaujean: il était mécanicien. La rue Romain Henkinet: il était maçon. La rue Michel Stranen: il était de Troine au Grand-Duché mais était de passage à Noville où il fut arrêté puis fusillé par l’ennemi le 21 décembre 1944. La rue des frères Girs: Fernand et Georges Girs étaient élèves au Séminaire de Bastogne, ils ont été arrêtés et fusillés à Bande le 24 décembre 1944.

Une rue a reçu le nom de Rue Des Prisonniers. A Noville, se trouve aussi de manière permanente « L’Enclos des Fusillés ». L’Enclos est le lieu où furent retrouvés les corps des fusillés. L’Enclos a été créé en 1954 en souvenir de ces villageois, dont l'instituteur et le curé, qui avaient été fusillés durant la Bataille des Ardennes.

Dans la nuit du 18 au 19 décembre 1944, les chars allemands fonçaient en direction de Noville. Durant deux jours, les blindés du Combat Team, commandé par le major Desobry, ont retardé leur progression. Durement touchées, les troupes américaines se sont ensuite repliées vers Bastogne et les Allemands ont alors pénétré dans le village. Moins de vingt-quatre heures après, la Gestapo sillonnait Noville à la recherche de résistants. Les membres du commando visitaient chaque maison, chaque cave. Ils prirent une vingtaine d'hommes en otage. On leur reprochait d'avoir placé un poste émetteur dans le clocher de l'église.

Le 21 décembre 1944, vers 13 heures, les SS rassemblent les hommes devant l'école. Un officier tire un papier de sa poche et lit les noms de ceux qui peuvent partir. Les autres sont conduits à l'arrière d'une maison en ruine et fusillés. Le même jour, au même endroit, Michel Stranen est passé par les armes. Deux autres habitants de Noville (les Frères Girs) seront eux fusillés à Bande avec 32 autres jeunes âgés de 17 à 32 ans.

DM - équipe de rédaction

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