Neufchâteau - La ferme du Grand Enclos, biodiversité et proximité bio

À l’entrée de ce village du centre Ardenne, la ferme respire tout simplement la tranquillité et la sérénité d’une activité bien en phase entre hommes et animaux. Peut-être que le choix du bois qui recouvre les divers bâtiments de cette ferme coopérative apporte déjà cette fibre apaisante. En tout cas, la philosophie y est claire.

«Nous avons construit notre habitation en bois il y a 20 ans, explique Jean-Pierre Rigaux. Nous nous y sommes sentis très bien. Alors, quand on a décidé de créer une activité agricole complémentaire, nous avons pensé que le bois irait bien aussi pour nos animaux. Le bâtiment agricole principal, à taille… humaine, a été construit dans ce concept. Avec des épicéas abattus à 300 m de chez nous, sciés dans l’entreprise de formation par le travail La Renardière, à 10km d’ici.»

Tout est dit. Ici, on pense et vit l’économie sociale de proximité. Voilà pour la forme, mais le concept est beaucoup plus affiné dans le fond. Ce bâtiment est une étable multi-fonctions. Il est valorisé 360 jours par an. En hiver, le petit troupeau composé d’une dizaine de vaches laitières de… sept variétés différentes, occupe les lieux en compagnie des chèvres, ânes, porcs et moutons. Et la traite et production de fromages s’arrêtent car Sabine et Jean-Pierre privilégient les fromages d’estive, quand les vaches mangent de l’herbe verte.

600 poulets/an

Au printemps, tout ce beau monde animalier digne d’une arche fermière de Noé prend l’air frais de ce coin verdoyant d’Ardenne et fait de la place pour trois lots consécutifs de volaille, soit environ 600 poulets par an. Et la partie «étable d’hiver» sert de salle de traite au printemps.

Auparavant, le bétail était viandeux. Puis Sabine et Jean-Pierre, associés à Denis Amerlinck qui y travaille un jour par semaine et en soirée, ont souhaité fabriquer du fromage en 2015. Ils lancent un appel via Bel RTL pour trouver du matériel qui ne sert plus et qu’on pourrait leur donner. L’opération fonctionne, il suffit d’assembler le tout! La fromagerie, aux normes, permet aujourd’hui de travailler tout le lait de la ferme. Le surplus est donné aux cochons, à la volaille et aux veaux.

Jean-Pierre explique que l’objectif est de produire un lait de grande qualité, qui donnera un fromage du même acabit. La Montbéliarde, la Vosgienne, les trois Jersey, la Charolaise, la Brune Suisse, la Normande et l’Abondance, la dernière venue qui constitue, dit-il, une «première» sur le sol belge (il s’agit d’une race alpine!) forme un troupeau complètement atypique, superbe esthétiquement, «qui permet de produire des laits variés qui apportent des caractères spécifiques au fromage.» Un fromage à pâte molle, blanc ou frais, mais aussi du beurre et yaourt, le tout vendu depuis peu à la ferme.

Une zone humide protégée

Le Grand Enclos est également attentif à la qualité naturelle de son exploitation qui entretient et protège notamment une «nardaie», zone humide de très haute valeur biologique. Des nardaies qui ont quasiment disparu du paysage agricole européen.

La Ferme du Grand Enclos est née au milieu d’une quinzaine d’hectares de champs il y a 20 ans. Sabine et Jean-Pierre ont une activité principale à l’extérieur, lui à 4/5 temps (il est retraité depuis un an) et elle à mi-temps. «On aime les vacances, la vie sociale. Vivre de la ferme uniquement, c’était un peu court. Le fait de travailler en coopérative permet de bien s’organiser.»

Depuis quelques mois, le magasin de la ferme propose deux fois par semaine les produits laitiers du cru, des œufs, des charcuteries, de l’épeautre d’Ardenne de la ferme de Habaru. Des produits qui sont vendus aussi à quelques restaurateurs, sur le marché estival de Léglise et via le réseau Solidairement. Des colis de viande sont également commercialisés épisodiquement. De la volaille, du bœuf, du veau et du porc. «On pourrait en produire plus mais on se limite pour le porc à 49 par an.»

La ferme s’est par ailleurs associée avec d’autres producteurs pour compléter la gamme. Avec des légumes de saison bio de la ferme de la Gagière de Tronquoy et des pains au levain de la ferme de l’Abreuvoir à Tournay. Au Grand Enclos, le terme «commerce de proximité et de qualité» n’est pas galvaudé!

LM - équipe de rédaction

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