Namur - Ils créent des kits pour détecter le cancer

Gaëtan Michel est le directeur général de Belgian Volition. Ce Namurois d’une quarantaine d’années a commencé son défi de lutte contre le cancer il y a maintenant 7 ans. «Au début, nous étions deux à la création de la société. Nous travaillions dans une sorte d’incubateur d’entreprise proposé par les facultés de Namur. Aujourd’hui, nous sommes 13 scientifiques et nous voyons enfin notre projet devenir réalité.»

La particularité de la détection grâce à une goutte de sang, c’est de pouvoir repérer le cancer très tôt chez le malade. Gaëtan Michel explique que «le cancer colorectal est un cancer foudroyant qui emporte très vite les malades. Grâce au kit, on peut augmenter l’espérance de vie des malades».

La société a emménagé dans ses nouveaux locaux en mars dernier au parc scientifique Créalys, aux Isnes.

Il faut compter au moins 20 ans généralement avant qu’un produit ne soit testé sur des patients.

Leur ascension a donc été fulgurante. Sept ans après la genèse de l’entreprise, des patients vont pouvoir tester leurs kits. «Notre produit va être testé dans une campagne de lutte nationale contre le cancer colorectal au Danemark en 2018. À partir de sang détecté dans selles de patients entre 50 et 70 ans, les médecins vont utiliser nos kits pour détecter un éventuel cancer».

Et les Namurois ne s’arrêtent pas là. Grâce à l’agence wallonne à l’exportation et aux investissements à l’étranger (Awex), Belgian Volition va lancer une filiale au Texas, aux États-Unis. D’après Gaëtan Michel, l’expertise wallonne y est fortement appréciée. «C’est vraiment une fierté pour nous d’apporter l’expertise belge dans d’autres pays. Nos collaborateurs nous choisissent aussi pour cela. L’étape suivante ce sera l’Asie. Je m’envole d’ailleurs demain pour Taïwan pour nous faire connaître là-bas aussi.»

Ils travaillent sur le cancer colorectal mais celui de la prostate ou du pancréas sont d’autres types de cancers qu’ils envisagent d’étudier. À terme, tous les types de cancers pourront être détectés de cette manière. «L’obstacle principal c’est l’accessibilité aux échantillons. Il faut qu’il y ait une étude sur un type de cancer donné pour que nous ayons une population suffisante sur laquelle tester notre kit», ajoute le directeur général.

Le but final de leur recherche est de permettre au patient de détecter son cancer avec une simple piqûre au doigt chez le médecin. «Par contre, pour l’instant, nous ne pensons pas proposer de kits en libre accès comme c’est le cas pour le VIH. La raison est la suivante: le VIH se soigne maintenant beaucoup mieux que le cancer. Donc pour des raisons éthiques, nous voulons que le patient soit assisté par son médecin lorsqu’il apprend la nouvelle», termine le directeur général.

L.M. - équipe de rédaction

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