Namur - L’abbé au grand cœur est décédé

Le curé officiel de la paroisse Saint-Jean et Saint-Loup, ou plutôt le curé préféré des Namurois, avait pris sa retraite en 2012 mais il s’octroyait encore une sortie en soutane lors de la messe du lundi des Fêtes de Wallonie à l’église Saint-Jean. En septembre 2015, il avait encore présidé, comme depuis quasiment 40 ans, cette traditionnelle messe. Mais cette année-là, c’était son dernier sermon. Car en 2016, il avait simplement lu un petit mot et laissé place à son successeur durant toute la cérémonie. Car malheureusement, l’abbé Malherbe, pour qui les Namurois ont énormément d’affection, n’allait pas bien depuis plusieurs mois déjà. Et son état de santé ne s’est malheureusement pas arrangé. Il s’est d’ailleurs éteint ce mardi matin au Foyer Sainte-Anne où il séjournait. Il était âgé de 81 ans.

Sa sœur Bernadette se confie. «Il y a trois ans, à Pâques justement, il est tombé dans son appartement à Namur. Il s’est cassé l’épaule et il s’est fracturé le bassin. Après ses séances de revalidation, il pouvait marcher à nouveau. Mais il est retombé plusieurs fois. Il est alors allé en maison de repos», raconte-t-elle. «Il avait du mal à se rétablir. Son état général s’affaiblissait. Depuis deux mois, on s’attendait à son décès», confie-t-elle.«Honnêtement, je suis triste mais aussi soulagée car mon frère ne souffre plus. Je pense qu’il a eu une belle vie. Pour moi, il est mieux qu’il parte paisiblement».

Bernadette nous parle de son frère, avec beaucoup d’amour. «Il observait beaucoup tout ce qui se passait dans la société. Il suivait de près les politiques. Et ceux-ci ne pouvaient pas lui faire gober n’importe quoi. Il avait un regard très critique. C’est pourquoi, il s’amusait à égratigner les hommes et femmes politiques de Namur et d’ailleurs, souvent avec humour et justesse lors de sa messe du lundi des Wallos. Mais quand il se moquait, c’était toujours gentiment».

En 2014, l’abbé s’était d’ailleurs indigné lors de sa messe contre le règlement anti-mendicité mis en place par la ville de Namur.

Malgré ses petites piques, toutes les personnalités politiques ne manquaient pas de venir l’écouter et rire de ses discours mais aussi de son sermon. Tout le monde adorait son franc-parler mais aussi son intérêt pour les plus démunis.

«Pour lui, la messe en wallon était l’occasion de manifester son attachement à sa ville et dire ce qu’il s’y passait. Mais à chaque fois, il en profitait pour attirer l’attention sur les plus démunis», rappelle sa sœur.

Bernadette confie aussi que son frère était un très grand lecteur. «Il lisait beaucoup de journaux et de romans. Il s’intéressait aussi beaucoup à la poésie. D’ailleurs, il a une quantité incroyable de petits carnets dans lesquels il notait de petites phrases de ses bouquins qui le marquaient et qui le faisaient réfléchir».

L’abbé Malherbe a aussi mis sur pied, avec sa paroisse, de nombreux projets pour les plus démuni durant sa vie. «Avec sa paroisse, il avait notamment tout fait pour qu’ils soient accueillis en face de l’église Saint-Loup et que cet endroit soit un lieu de vie pour eux. Grâce au travail de sa paroisse, il y a notamment une permanence. Les plus précarisés peuvent aussi recevoir à manger et à boire»

L’abbé laissera un grand vide derrière lui. Pour ceux qui souhaitent lui rendre un dernier hommage, l’homme au grand cœur repose à la salle l’Escholle des Pauvres, ce mercredi et jeudi de 15 à 20h en présence de la famille.

La cérémonie religieuse se déroulera le 21 avril à 11 h.

LM - équipe de rédaction

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