Namur - Le Namur du 18e siècle dévoilé au Grognon

Quand on dit que le Grognon est le berceau de Namur, on ne peut pas se tromper: la présence de l’homme sur le site est attestée depuis pratiquement 10.000 ans. Ce sont donc des trésors inestimables que les archéologues qui y travaillent depuis le début de l’année commencent à découvrir. Et actuellement, c’est le Namur du 18e siècle qui se dévoile.

Habité jusque dans les années 1960, le quartier du Grognon a vécu, comme le reste de la ville, une importante reconstruction au 18e siècle. Les murs et les caves qui sont aujourd’hui à ciel ouvert datent donc majoritairement de cette période même si les bâtiments alors construits se servaient souvent des fondations de périodes plus anciennes.

Peu importe: aujourd’hui, c’est véritablement l’histoire de Namur qui est visible. Une trentaine de personnes travaillent sur ces fouilles, dont 10 archéologues. Pour qu’elles soient effectuées le plus professionnellement mais aussi le plus rapidement possible, la Région wallonne a en effet mis le paquet. Au total, rien que les fouilles archéologiques vont coûter 4,190 millions d’euros. La Ville de Namur se charge toutefois de 800.000 euros et Interparking, le futur gestionnaire du parking souterrain du Grognon, de 500.000 euros. «C’est quelque part assez logique, vu que le travail d’excavation déjà réalisé pour les fouilles, ils n’auront plus à le refaire», explique Michel Jehaes, de la Ville de Namur.

Visite guidée le 7 mai

Et si elles sont exceptionnelles par leur ampleur, les fouilles actuelles devraient aussi être... les dernières sur le site! Les découvertes seront en effet détruites pour laisser la place au parking souterrain. «Mais on se charge nous-mêmes de ces destructions pour qu’elles soient faites le mieux possible», explique Raphaël Vanmechelen, du département Archéologie de la Région wallonne. Les archéologues veillent en effet à sauver toutes les pièces de valeur. Mais les anciens murs, aujourd’hui à découvert, seront détruits... «Pour l’instant, on découvre le quartier «moderne» du Grognon. Ensuite, on le démolira pour descendre plus bas et continuer nos recherches», confirme Raphaël Vanmechelen. La période romaine devrait ainsi être dévoilée par la suite, avant de tomber sans doute sur des vestiges plus anciens encore.

Mais les Namurois férus d’Histoire ne doivent donc pas traîner. Le 7 mai prochain, des «portes ouvertes», avec visite guidée, seront organisées pour le public. Ce seront les premières, même si les autorités promettent qu’il y en aura plusieurs pendant le chantier. Pour découvrir le Namur du 18e siècle, par contre, ça sera sûrement la seule occasion.

LM - équipe de rédaction

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