Mont-sur-Marchienne - Xavier Canonne, du musée de la photographie «Se développer était indispensable!»

Xavier Canonne (X.C.), comment s’est passée «la passation de pouvoir» entre vous et votre prédécesseur Georges Vercheval, l’initiateur du musée?

- Succéder à cet immense photographe/créateur, qui a été à la tête du musée de la Photographie pendant 13 ans, et qui a occupé les postes de professeur de photographie et d’histoire de la photographie à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, à l’Académie de Charleroi, à l’Institut des Arts de Diffusion et à La Cambre n’était pas une mince affaire… J’ai relevé le défi, même si au départ, je n’y étais pas vraiment préparé. Lors de l’inauguration du musée en 1987, je dirigeais le secteur des Arts plastiques à la Province du Hainaut. Puis, lorsque l’heure de la retraite a sonné pour Georges, j’ai été auditionné parmi plusieurs candidats, puis choisi.

Avez-vous donné un nouveau souffle au musée?

- Oui, c’était bien ma volonté. C’était se développer ou mourir… J’ai choisi la première option. Si le musée voulait étendre ses activités, il fallait à tout prix le moderniser et l’agrandir, en faire un Musée du XXIème siècle. Tout l’espace me semblait exigu: il manquait, par exemple, de la place pour les très grandes photos, il n’existait pas de résidence pour les artistes… En 2004, j’ai instruit le dossier auprès de la Communauté française et auprès de l’Europe pour obtenir des fonds. J’ai mis le bâtiment en conformité: il fallait par exemple enlever la mérule qui s’était installée dans les toits!

De quoi êtes-vous le plus fier dans ces nouveaux aménagements?

- Que le public puisse avoir un accès plus direct sur les lieux, notamment par un passage vers le parc (quelques maisons ont été abattues). Auparavant, ce parc était une véritable «jungle»! Après les travaux, il est devenu un espace convivial. Autre élément intéressant, et de taille: l’extension s’ouvre sur une nouvelle bibliothèque, une boutique et un «Café du musée». À présent, je souhaite une rénovation de la place communale devant le musée et un meilleur service des transports en commun.

Certaines expos avaient suscité la polémique… Après coup, vous regrettez?

- Vous parlez de cette Nipponne nue photographiée par Araki, dont le sexe était caché par une plume, et qui apparaissait sur une grande affiche, en 2007! Non, même si elle a suscité une vague d’indignation (par un excès de puritanisme, je pense…), j’ai assumé ce choix. Mes seuls interdits: le voyeurisme et la vulgarité.

Les finances du Musée ont été plusieurs années «dans le rouge». Comment ça se passe actuellement?

- Beaucoup mieux. Une grande vente aux enchères des œuvres a permis de mettre un peu de «beurre dans les épinards» (rires). Et puis, l’octroi de subsides annuels de 200 000 euros par Alda Greoli, la ministre de la Culture, est vraiment salutaire pour mener à bien nos projets. (Sous Fadila Lanaan, l’ancienne Ministre, c’était désastreux!). À présent, nous pourrions encore augmenter le nombre de visiteurs… Nous y travaillons.

NG - équipe de rédaction

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