Mons - De affaires sombres pour l’Inspecteur Jaunes

À travers 7 albums, entre 1980 et 1989, Daniel Jaunes a mené des enquêtes dans des villes comme Gand, Bruxelles ou Dinant. Et maintenant, il vient à Mons, grâce à Hervé Algrain, un passionné montois de «culture bis et alternative». Il a proposé à l’équipe du Grand Huit (qui, pour rappel, proposent des festivités dans les communes du Grand Mons élaborées avec les habitants) de raconter des épisodes sombres de l’histoire locale, comme des procès de sorcellerie ou l’affaire du Dépeceur de Mons, à travers un personnage de BD.

«Les villes mettent en avant leurs aspects positifs, j’ai juste fait l’inverse», explique-t-il. «J’ai toujours considéré que les histoires sombres, qui constituent l’essentiel de la tradition orale, étaient celles qui ont le plus de profondeur et de résonance dans notre culture. Mons est un point de connexion d’histoires sombres sur plusieurs siècles.»

À ses yeux, Daniel Jaunes était le personnage idéal, puisque ses aventures mêlent présent et passé, en frôlant parfois le fantastique. Sauf que ce dernier n’avait plus enquêté depuis près de 30 ans! Jan Bucquoy (scénariste, mais aussi romancier, réalisateur et artiste belge) et Tito (dessinateur français, auteur des séries «Soledad» et «Tendre Banlieue») accepteraient-ils de le faire revivre pour l’occasion?«Au début, j’étais sceptique, parce que ça représente un an de travail, c’est un gros investissement en temps» confie J. Bucquoy, qui s’est finalement laissé convaincre, malgré ses nombreux projets. De son côté, Tito était partant lui aussi: «Si on nous l’avait proposé il y a 5 ans, on aurait dit non parce qu’on ne savait pas trop, on était occupé sur nos projets. Mais on s’était dit qu’à un moment il faudrait voir si Jaunes avait des raisons de revivre.»

Ni lui ni Tito ne connaissaient particulièrement Mons, mais durant un an, ils s’y sont rendus régulièrement, tantôt quelques jours, tantôt semaine, afin de s’imprégner des lieux: «J’ai essayé de travailler sur le Grand Mons en intégrant toutes les communes. Pour moi c’est important que ce soit un tout et qu’on puisse «respirer» la ville pendant qu’on lit», raconte J. Bucquoy. Tito, lui, a trouvé matière à dessiner: «J’aime bien les architectures compliquées, quand il y a beaucoup de détails à dessiner. Le centre de Mons a une richesse très intéressante pour le graphisme, on a l’embarras du choix.» Trois illustrations ont déjà été dévoilées. On y voit Daniel Jaunes sur la Grand-Place, au pied du beffroi et dans la collégiale.

Un livre et une expo

En septembre, cette aventure, intitulée «Une Année en Enfer» sera publiée sous la forme d’un livre «entre le roman graphique et la BD», qui comptera environ 110 pages, dont 70 de texte et 40 d’illustrations. Il sera le livre fondateur de «Désastre immobile», la maison d’édition d’Hervé Algrain. Par ailleurs, les anciens albums de Daniel Jaunes devraient être réédités prochainement.

Mais le projet est bien plus qu’un livre: il sera prolongé du 11 au 29 septembre par une exposition scénographiée par le collectif KRAFT. Cet événement fera partie intégrante du «Grand Final» qui ponctuera la 2e édition du Grand Huit tout en lançant la Biennale 2018-19 à Mons. Une expérience qui s’annonce pour le moins intrigante!

N.Z. - équipe de rédaction

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