Liège - Le spatial liégeois la tête dans les étoiles

Le secteur spatial liégeois va bien. Très bien, même, merci pour lui. Grand bénéficiaire de la stratégie de redéploiement économique du bassin liégeois et, plus largement, de la Wallonie, ce domaine à la pointe de la technologie et du savoir-faire est particulièrement bien enraciné dans la région. Spécifiquement sur les hauteurs de la Cité ardente, où se côtoient le Centre spatial de Liège, l’Université et des entreprises actives dans le secteur comme Amos ou Spacebel, pour ne citer qu’elles.

Si la Wallonie a décidé de créer un pôle spécifique axé sur l’aéronautique et le spatial au sein du vaste plan Marshall qui doit redresser la Région, ce n’est pas pour rien. «On répertorie généralement trois pôles actifs dans le secteur spatial au sud du pays, confie Michel Stassart, responsable «espace» du pôle Skywin. Il s’agit de Charleroi, Redu et Liège. On comptabilise 1.600 emplois dans le domaine et, grosso modo, on considère que Liège en bénéficie entre 7 et 800.»

Un chiffre qui est en constante augmentation, bien que légère. Mais qui traduit un phénomène bien réel: Liège compte sur la carte mondiale du spatial. «Amos, Spacebel, Deltatec au bien d’autres encore sont des entreprises actives dans le secteur spatial de renommée mondiale. À ce niveau, nous sommes dans les leaders européens, même si l’on est relativement petit», confie Christelle Bertrand, directrice du Centre spatial de Liège (CSL), où l’on teste notamment des satellites, entiers ou en partie, ainsi que des instruments avant de les envoyer dans l’espace.

«C’est important d’être reconnu comme étant un partenaire fiable et de valeur. Liège possède là un secteur de pointe, en avance, qui draine un transfert technologique que l’on peut également utiliser dans d’autres secteurs.»

Et de pointer «un cercle vertueux entre l’ULg, le CSL et les entreprises privées. C’est une volonté délibérée de mettre tout ce monde en interaction.»

ESA et Nasa

Avec un certain succès puisque le Centre spatial de Liège collabore de manière quasi ininterrompue avec l’Agence spatiale européenne (ESA), mais également avec la célèbre NASA, son homologue américaine. «Le cadre des collaborations est généralement lié à une synergie entre les activités scientifiques des chercheurs et le développement d’instruments d’observation spatiaux au CSL. Ce mode de fonctionnement dual sciences/développement technologique est rencontré aussi bien lorsque nous collaborons à des programmes spatiaux de l’ESA qu’à des programmes Nasa», précise ainsi Serge Habaken, le directeur scientifique et académique du Centre spatial de Liège.

Un CSL qui a donc très concrètement contribué à la réalisation d’instruments embarqués sur des satellites de la Nasa.

Aujourd’hui, le secteur spatial est lui aussi frappé par l’enjeu commercial. «Après la Seconde Guerre mondiale, le spatial était financé par l’institutionnel, avec des coûts parfois importants. Désormais, on voit arriver le secteur privé, nous sommes dans ce que l’on appelle le «new space», où c’est «marché, marché, marché». Vous imaginez le choc? C’est terrible. Il y a donc une course à la complexité technologique mais, parallèlement à ça, il y a des conséquences financières. Avec, par exemple, des pénalités si l’on est en retard», explique Christelle Bertrand.

Dès lors, le CSL doit s’adapter. «Lorsque nous travaillons au sein d’un consortium scientifique, nous sommes dans notre ADN. Par contre, quand on vient nous chercher pour notre technologie où nous sommes dans une chaîne comme sous-traitant, alors nous entrons dans une relation contractuelle.»

Et malgré son savoir-faire, le CSL doit se battre pour décrocher des contrats. Et la concurrence est rude avec des centres similaires en Allemagne, France, Pays-Bas et même Royaume-Uni.

Les exoplanètes

Au niveau de la recherche, la Cité ardente s’est également positionnée sur la carte du monde. Comment ne pas mentionner les découvertes, il y a quatre mois à peine, de sept exoplanètes dont trois potentiellement habitables, par trois chercheurs de l’ULg, Emmanuel Jehin, Michaël Gillon et Julien de Wit, qui ont révélé leurs découvertes depuis Washington.

Autant d’éléments qui font rayonner Liège dans le domaine spatial.

L.M. - équipe de rédaction

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