La Louvière - Decressac parmi les stars de la Bande dessinée !

Philippe Decressac, en quoi votre nouvel album, «Mieux vaut en rire», est différent des autres albums que vous avez déjà publiés?

- C’est la première fois que je fais un album d’histoires d’humour. Le livre fait 96 pages qui se répartissent entre une quarantaine de planches avec des histoires courtes et une soixantaine de dessins. Mais pas, ou quasiment pas de dessins d’actualité. On est vraiment dans autre chose, de l’humour pur, des blagues dessinées.

Pourquoi et comment avez-vous quitté l’espace d’un album en tout cas, la caricature d’actualité?

- Il y a un an et demi, «L’Écho Savanes» m’a proposé de reprendre la rubrique «les sales blagues» que Vuillemin faisait depuis les années 80. Une série qu’il avait déjà lui-même reprise à Reiser qui l’avait lancée dans les années 70! Cette proposition venait à point nommé parce que j’en avais un peu marre du dessin de presse. Je porte beaucoup d’importance au travail du dessinateur. Je dessine toujours à la main, sans ordinateur. Et j’avoue que, avec le dessin d’actu, voir tout ce boulot servir à un dessin qui, le lendemain, est déjà effacé, oublié, parce qu’une autre actualité a chassé la première, c’est parfois frustrant. Donc, quand l’Écho me propose ça, c’est le bon moment. Mais je n’ai pas voulu reprendre les «sales blagues». L’héritage était trop lourd à porter. Ils ont malgré tout accepté de me publier mais pas sous cette rubrique. L’album compile, avec quelques inédits, les histoires parues dans l’Écho.

Est-ce que vous devez vous adaptez quand vous dessinez pour des lecteurs français par rapport aux lecteurs belges?

- Je ne suis pas sûr de vraiment avoir un humour très «belge». Maintenant, c’est vrai quand même que nous ne rigolons pas toujours aux mêmes choses! Mes histoires, ce sont un peu des blagues illustrées, des choses «biètes» comme on dit chez nous… Et parfois, ça ne marche pas en France, ou il faut négocier pour que ça passe! Comme cette blague d’un homme qui appelle l’aéroport de Zaventem et qui demande: «Combien de temps dure le vol pour Montréal?» La réceptionniste lui dit: «Une minute, s’il-vous-plait»… et l’homme lui répond: «Merci beaucoup» et raccroche… Quand j’ai proposé cette blague, les Français m’ont demandé: «Ça vous fait rire, ça?»

Et justement, qu’est-ce qui vous fait rire?

- Absolument tout! Dans l’album, on retrouve un peu tous les thèmes: les beaufs, la religion, le foot… J’ai un peu ce réflexe à la c… de vouloir rire de tout, même de la pire des mauvaises nouvelles! Rire pour ne pas pleurer, en somme… Il doit y avoir des questions psychologiques là derrière mais je n’ai jamais suivi de thérapie, donc je ne sais pas trop. En fait, il y a tellement de choses qui m’emmerdent dans ce monde que, si je n’en riais pas, soit je serais mort au bout d’une corde, soit je serais parti élever des chèvres dans le Larzac !

NG - équipe de rédaction

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