Jalhay - Le Jalhaytois Pierre Scheurette prête sa plume à l’humoriste Alex Vizorek

Vous ne le savez peut-être pas mais derrière vos humoristes préférées se cachent de nombreuses «plumes» anonymes, des auteurs dont le métier est de fournir aux comédiens et autres animateurs les bonnes vannes qui feront mouche auprès du grand public. Pierre Scheurette fait partie de ceux-là. À 27 ans, ce jeune journaliste diplômé de l’IHECS originaire de Sart-lez-Spa a été repéré par Alex Vizorek sur les plateaux de la RTBF. Depuis, il prête sa plume et sa passion des bons mots à l’humoriste et chroniqueur de radio et télé (La Première, France Inter...). Rencontre avec un faiseur de vannes qui ne s’arrête (décidément) jamais.

Pierre Scheurette, comment devient-on la plume officielle d’un célèbre humoriste?

L’histoire officielle est d’un ennui absolu: on se connaissait depuis quelques années suite à une interview qu’il m’avait accordée quand j’étais étudiant en journalisme. Puis, on a fini par se croiser tous les vendredis à la RTBF quand lui venait faire son Café Serré sur La Première et que moi je faisais la matinale de Snooze sur Pure FM. Quand mon aventure sur Pure s’est terminée, je l’ai informé qu’on allait se croiser moins souvent. Il m’a répondu que si je cherchais du boulot, il avait besoin d’un coauteur. Et voilà, happy ending! Maintenant, la version officieuse: on était tous les deux sur Tinder et on s’est matché.

Comment se traduit ce métier de plume au quotidien?

La traduction dépend de qui on parle. Chez Tex, «plume» se traduit sans doute par «tonton beauf à Noël». De même, chez Tomer Sisley, il est plus juste de parler de «vole-plume» que de «prête-plume». Quant à Michel Leeb, il ne voit certainement aucun problème à employer le mot «nègre». Avec Alex, c’est peut-être «commis de cuisine» qui conviendrait le mieux comme traduction: je fournis mes meilleurs ingrédients au chef qui s’occupe de les mettre en sauce et de créer une recette inédite.

Plus concrètement et moins métaphoriquement: on se voit régulièrement, on s’appelle souvent et on correspond quasi 24h/24 par mail. Je lui envoie mes meilleures vannes et lui garde les moins pires.

Ce n’est pas frustrant de travailler dans l’ombre d’un humoriste?

Ayant une peau de roux qui supporte mal le soleil, rester dans l’ombre n’est pas seulement mon destin de coauteur: c’est une recommandation de mon dermatologue. Au fond, Alex Vizorek est ma meilleure mesure de prévention contre le cancer. À sa place, je demanderais à la mutuelle de prendre en charge mon salaire.

Du reste, bien sûr, j’adorerais pouvoir également jouir de ma propre mise en lumière, mais en attendant, j’éprouve un plaisir quasi masturbatoire à entendre Alex dire une vanne que j’ai écrite.

Vous n’avez effectivement pas l’air de bouder votre plaisir. Mais d’un point de vue financier, c’est un métier viable?

En général, je ne réponds à cette question que si c’est le fisc qui me la pose. Mais comme vous avez une tête qui m’est plus sympathique que celle d’un contrôleur d’impôt, je vous répondrais que oui.

Avec un tel bagou, on ne peut que se demander pour conclure: à quand des projets plus personnels?

Outre remplacer l’ampoule des toilettes qui m’oblige à faire pipi dans le noir depuis 3 mois et perdre 4 kilos en alliant sport et régime, j’ai en effet un dossier sur mon ordinateur avec de nombreux projets persos non concrétisés. Comme par exemple, développer des capsules en télé, écrire et réaliser une (Web)série, tester un nouveau concept de talk, performer de nouvelles chroniques radios ou encore redonner mon adresse mail aux patrons de chaîne qui m’ont promis «de me recontacter très vite».

Manon Dumoulin - équipe de rédaction

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