Héron - L’hôpital des animaux sauvages est bondé

Âgée de presque septante ans, Jany Crispeels aimerait arrêter le Centre de revalidation qu’elle a ouvert à son domicile en 2004. La Héronnaise freine les entrées et augmente les transferts vers d’autres centres mais le nombre d’animaux sauvages qui lui sont apportés ne diminue pas, au contraire. 1.000 entrées sont enregistrées chaque année. En cette période de l’année, il s’agit principalement d’oisillons, d’écureuils et de hérissons. D’ailleurs, sa pièce «soins intensifs» ne désemplit pas. «Je garde ici les animaux qui ont besoin d’une surveillance constante», précise-t-elle. La plupart sont des juvéniles, qu’il faut biberonner à intervalle régulier et soigner pour ceux qui sont blessés. Dans les cages, des mésanges charbonnières, des verdiers, un grosbec casse-noyaux, un merle, une grive… et, abrités sous une couverture pour simuler la nuit, trois chouettes hulottes dont la plus jeune a à peine six semaines. À l’origine de leur «hospitalisation», souvent la méconnaissance de l’homme. «Les gens ne connaissent plus la faune sauvage, parfois même ce qu’est une pie. Au retour des beaux jours, ils coupent les arbres et taillent les haies en pleine montée de la sève, alors qu’il faut attendre la descente de la sève en automne pour le faire. Résultat, plein de nids se retrouvent par terre et cela fait de gros dégâts. Ils utilisent aussi de l’anti-limaces qui empoisonne les animaux et souvent, on ne peut rien faire quand ils arrivent ici», déplore-t-elle. Les animaux domestiques sont aussi responsables. «Les chiens sans surveillance croquent les hérissons. Idéalement, les chats ne devraient sortir que le soir pour qu’ils n’entendent pas les oisillons crier famine et ne les tuent pas.» Et puis, il y a les rescapés des accidents de la route, des vitres, des pollutions, des cheminées,etc.

L’objectif du centre est de remettre sur pied ces animaux sauvages et les remettre en liberté. «Le taux de réussite se situe entre 57 et 69%. Malheureusement, il faut parfois se résigner à euthanasier», recense cette ethnologue de formation qui, à force d’observation et d’échanges (avec l’ULg notamment) est devenue une référence. «J’apprends tous les jours», tient-elle toutefois à souligner. Les patients de Jany séjournent en moyenne trois ou quatre semaines à Héron, «tout dépend de l’espèce et de la blessure». Certains resteront quelques mois comme cette buse au bec cassé mais d’autres ne recouvreront jamais la liberté, à l’image de ces hiboux grands ducs dont l’aile a été fracturée, rendus définitivement boiteux.

La Héronnaise se fait seconder par une quinzaine de bénévoles, dont Coline Weijenberg, 10 ans, voisine de Jany. «Je viens depuis que je suis petite, au départ pour regarder les volières mais maintenant j’aide une ou deux fois par semaine», estime l’enfant, incollable lorsqu’elle nous fait faire le tour du propriétaire. «J’adore les animaux et je trouve incroyable ce que Jany fait», confie Coline qui aimerait devenir policière à cheval ou agent des eaux et forêts.

«Ce n’est pas le moment de tailler ses haies et couper ses arbres»

Jany Crispeels

L.M. - équipe de rédaction

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