Gembloux - Une forêt de 2700 arbres en plein cœur de la ville

Un projet écologique et durable, qui répond aux enjeux climatiques actuels: voilà comment nous pourrions décrire la démarche de l’ITH et du Centre Technique Horticole de Gembloux. Derrière l’établissement scolaire, se trouve à présent un écosystème forestier urbain, soit une forêt de 2700 arbres, en plein centre-ville. Évidemment, il est encore tôt pour parler à ce jour d’un vrai espace vert. Ceci dit, les 28 essences indigènes choisies devraient apparaître dix fois plus rapidement que lors d’une plantation classique. En seulement dix ans, le tout récréera les conditions écologiques d’une forêt centenaire, trente fois plus dense et avec une biodiversité cent fois plus importante. Tout ça, grâce à une technique venue tout droit de Japon, la «Miyawaki» (du nom d’un botaniste nippon)…

«C’est une méthode qui existe depuis une quarantaine d’années, surtout utilisée en Asie et débarquant petit à petit en Europe. Le premier projet de ce type a eu lieu en Hollande. La technique a ensuite conquis la Belgique et récemment la France. Elle a le vent en poupe, car elle génère une pousse très rapide, offre des résultats incroyables et permet de travailler avec des plantes indigènes», explique Nicolas de Brabandère, fondateur de «Urban Forests». Cette société a pour mission première de transformer des friches en de magnifiques forêts urbaines. «On recrée très vite un écosystème forestier adapté aux zones urbaines. On apporte une nature de proximité, on reconnecte les gens à la nature et on reforme un équilibre entre économie et écologie», ajoute le maître d’œuvre. L’Institut a donc collaboré avec l’entreprise pour piloter ce projet, initialement proposé par un ancien étudiant.

Mais alors, en quoi la technique du «Miyawaki» génère une telle rapidité de pousse? «On intervient une ou deux fois pour que les plantes ne soient pas étouffées. Et ensuite, on laisse la nature faire, pour que la concurrence se joue entre arbres et arbustes et se forme un écosystème forestier. C’est un sanctuaire végétal dans lequel il n’y aura pas d’interventions. On a laissé une zone qui ne sera pas plantée en diagonale pour nous permettre de la traverser et observer les transformations avec les élèves », indique Olivier Kuntz, directeur de l’ITH.

Une cinquantaine d’étudiants à la manœuvre

Pour l’école horticole, il était évident de prendre part à un tel projet. «Notre établissement est labélisé ‘Agenda 21 scolaire’, ce qui fait de nous une école durable. Tous les ans, on essaie de proposer des programmes interdisciplinaires qui concernent l’ensemble des élèves et qui connotent une sensibilisation de problèmes, notamment au niveau climatique », précise le directeur. Une cinquantaine d’élèves de sixième en technique de qualification (environnement, sylviculture, horticulture, parcs et jardins) ont été désignés pour mener à bien cette initiative. Une grande première comme exercice pour ces jeunes, aux vocations différentes, mais rassemblés autour d’une seule et même noble cause.

Martin Rousseau - équipe de rédaction

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