Gembloux - Une avancée scientifique mondiale

On connaît déjà les parfums synthétiques, mais à Gembloux, des expériences uniques d’un intérêt mondial sont en train d’être menées sur le sujet.

Le Dr François Verheggen, spécialisé en entomologie fonctionnelle et évolutive et professeur à l’Agro-Bio Tech de Gembloux et à l’Université de Liège, originaire de Namur, travaille sur un projet révolutionnaire. Afin de faciliter la tâche de ces policiers maître-chien, il voudrait mettre au point un parfum de synthèse pouvant reproduire à l’identique l’odeur de la mort.

Pour ce faire, il est aidé de Clément Martin, un étudiant en dernière année en Bio Ingénieur, qui en fait son mémoire. «C’est du jamais vu pour un mémoire. J’ai conçu les expériences, mais lui, il représente les mains. Il rencontre les chiens et traite les données. Son implication est totale. D’ailleurs, une thèse de doctorat se profile…»

Il travaille sur l’identification de l’odeur de cadavres en décomposition. «Celafait environ 8 à 10 ans que je travaille sur thématique des sciences criminelles. L’idée de cette étude nous est venue en discutant avec des collègues de la police», explique le professeur.

«Ils nous ont parlé de ce qu’ils appellent les chiens «cadavres» et comment ils dressent pour qu’ils retrouvent des corps. Par exemple lors des attentats ou d’une catastrophe naturelle. Dans les camps d’entraînement, ils doivent retrouver l’odeur et sont récompensés lorsqu’ils la trouvent

Ces chiens sont dressés grâce à de réels extraits d’animaux morts. «Cette méthode a un côté laborieux notamment au niveau administratif. Il est aussi parfois difficile de trouver de quoi entraîner ces chiens. La police choisit surtout des extraits de cochons morts, car il s’agit de l’animal dont l’odeur se rapproche le plus de celle de l’humain. D’autant plus qu’ils s’entraînent tous les jours

Mais l’odeur qu’un corps sans vie rejette est très complexe. «Cela représente des centaines de molécules différentes. Nous avons donc sélectionné les molécules qui sont le plus souvent présentes, peu importe l’environnement dans lequel le corps se trouve

Des expériences qui représentent certainement une première mondiale se déroulent actuellement dans les bâtiments de la Faculté Agronomique de Gembloux. (Lire par ailleurs.) Une fois que les résultats seront concluants, le parfum pourrait être utilisé et commercialisé dans deux ans. Une longue procédure est nécessaire. «On est déjà en train de le breveter. À ma connaissance, personne d’autre ne s’intéresse à la synthétisation l’odeur de la mort. Les scientifiques s’intéressent plutôt à l’incidence que la drogue peut avoir sur l’odeur ou encore comment les insectes peuvent l’influencer.»

Ce parfum représentera un réel confort pour les policiers. «Ils garderaient simplement une bouteille dans leur placard au lieu d’avoir des morceaux d’animaux morts qui se décomposent et en auraient en suffisance. Même si heureusement, les chiens vont rarement en intervention dans notre pays. Pour l’instant, ils ne font que s’entraîner

Il pourrait aussi avoir d’autres applications. «Je suis sûr qu’on en trouvera. Il pourrait plaire aux personnes gothiques», plaisante le scientifique.

Le parfum n’a toujours pas de nom. «J’ai voulu lui donner le nom de l’étudiant mais il s’y est opposé», s’amuse François Verheggen.

C.P. - équipe de rédaction

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