Fexhe-le-Haut-Clocher - Les applis sont dans les prés

Ce lundi 8 mai au matin, rue du Village, à Fexhe-le-haut-Clocher, il est à peine 6h quand Stephan Jensen quitte sa ferme au volant de son tracteur flambant neuf, un Sendt 718. Direction, le champ de betteraves voisin.

Cette heure matinale de pulvérisation n’est pas choisie au hasard. La veille, ce jeune agriculteur branché «nouvelles technologies» a consulté l’application Weatherpro, qui renferme une mine de renseignements concernant la vitesse du vent ou encore l’humidité de l’air. Soit autant de paramètres importants pour la pulvérisation.

Comme de nombreux agriculteurs de sa génération, Stéphan Jensen a de plus en plus souvent recours aux nouvelles technologies pour gérer ses 130 hectares de cultures (betteraves, colza, lin, froment, petits pois, maïs et pommes de terre) dont 4 hectares réservés aux arbres fruitiers (cerisiers, poiriers et abricotiers). «Une fois qu’on y a goûté, c’est difficile de faire sans», sourit-il en faisant défiler sous nos yeux la dizaine d’applications qu’il a téléchargée dans son smartphone. Sur Buienalarm, par exemple, le Fexhois peut visualiser sur une carte géographique, à deux heures près, la progression des nuages de pluie. «Je la regarde tous les jours, même plusieurs fois par jour. C’est utile pour savoir à quel moment semer ou pulvériser».

Sur Agritel, il peut avoir accès à la bourse des matières premières, partout dans le monde et à tout moment. «Ce genre d’application est devenu bien utile depuis que les prix des céréales ne sont plus garantis», admet le Fexhois qui effectue, en moyenne cinq ventes importantes sur l’année. Guerres et sécheresses qui peuvent influencer le cours des céréales y sont même mentionnées.

20.000 euros d’investissement

Sur le site d’IRBAB (Institut Royal Belge pour l’amélioration de la betterave), il a téléchargé des applications qui lui permettent d’identifier les maladies de la plante, les adventices ou encore les insectes nuisibles à ses cultures. Plus facile à emporter et à consulter dans un champ qu’une encyclopédie…

Enfin, et la liste est loin d’être finie, dans sa boîte à outils du 21e siècle, notre fermier, qui n’est pas pour autant un geek, a aussi une appli pour l’aider à régler au mieux son épandeur à engrais.

Parallèlement à ces applications, Stephan Jensen a aussi investi dans le système RTK (pour Real Time Kinematic) qui via un système GPS permet d’autoguider un tracteur dans les champs en le remettant même sur sa trajectoire s’il s’en éloigne. Grâce à ce système, le fermier est assuré de ne pas repasser deux fois au même endroit et de mieux doser les produits phytopharmaceutiques.

Reste le coût: plus de 20.000 euros. Dans un secteur difficile où la marge bénéficiaire n’est pas garantie chaque année, l’investissement reste audacieux. Mais notre agriculteur ne voulait pas passer à côté: «Je démarre, il faut que je prenne le train et que je m’y intéresse. Je ne voudrais pas rester sur le carreau parce que je n’ai pas évolué avec les nouvelles technologies», conclut-il.

L.M. - équipe de rédaction

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