Eghezée - Grande opération de vidange de l’étang de Boneffe et collecte des poissons

L es 10 et 11 novembre avait lieu lieu la vidange complète ainsi que la collecte des poissons de l’étang de Boneffe (Eghezée), propriété de la Fondation Roi Baudouin chargée d’en assurer la sauvegarde. Cette opération, menée notamment en partenariat avec Natagora et Contrat de Rivières Meuse aval et affluents, permettra à l’étang de retrouver d’ici quelques mois son apparence habituelle et ses populations de poissons. Mais dans des conditions plus propices que jamais au développement de la biodiversité.

Grâce à un généreux donateur sensibilisé à la protection et à la préservation de la biodiversité en Hesbaye, la Fondation Roi Baudouin a acquis en 2015 le site de l’étang de Boneffe, à Eghezée, afin d’en assurer une gestion écologique pour les générations futures.

L’étang de Boneffe constitue un site naturel d’un grand intérêt biologique, classé en zone Natura 2000. Avec la parcelle boisée adjacente, il s’étend sur 13 hectares et constitue un refuge pour la biodiversité : amphibiens, reptiles, flore typique, insectes et oiseaux. C’est notamment sa roselière qui fait sa valeur. Les roselières sont des milieux précieux à préserver : elles abritent des espèces menacées, comme le busard des roseaux ou des passereaux rarissimes. Mais avec l’extension du drainage et l’artificialisation des bassins hydrologiques, un grand nombre d’entre elles ont disparu.

Les experts à l’œuvre

Ne possédant pas les compétences pour agir seule, la Fondation Roi Baudouin a mis sur pied un comité scientifique et technique, qui regroupe des experts du secteur privé et public, spécialisés dans des domaines divers : pêche, ornithologie, botanique, eaux et forêts…

Un premier rapport d’analyse a mis en évidence un envasement important de l’étang de Boneffe : à certains endroits, les vases peuvent atteindre une hauteur supérieure à 1 mètre et dépasser la profondeur de l’eau. “L’accumulation de vases est un processus naturel, qui résulte de l’accumulation de feuilles mortes, de branchages et de matières drainées par les cours d’eau qui alimentent un étang”, explique Philippe Deflorenne, chargé de mission à Natagora, qui fait partie du comité scientifique et technique. “Si on ne fait rien, l’étang se comble peu à peu et finit par être recolonisé par la végétation. Celui de Boneffe n’avait plus été vidangé depuis longtemps et il était temps d’intervenir.”

C’est à l’ASBLl Virelles-Nature que l’opération de vidange a été confiée. Concrètement, il s’agit d’abaisser le niveau d’eau en retirant progressivement les planchettes du ‘moine’, le dispositif qui permet de réguler la hauteur de l’eau. “À mesure que l’étang se vide, les vases entrent en contact avec l’air, des bactéries se développent et les minéralisent, ce qui fait qu’elles s’écoulent en grande partie avec l’eau”, précise Samuel Vander Linden, du Contrat de Rivière Meuse et affluents, lui aussi membre du comité scientifique et technique. “Le reste des vases devra être enlevé mécaniquement. Une analyse a montré qu’elles n’étaient pas polluées : elles pourront donc être valorisées comme amendements sur des terres agricoles. On profitera aussi de l’occasion pour restaurer le moine.”

Collecte des poissons

Les poissons ont quant à eux été recueillis lors d’une grande opération de collecte ces 10 et 11 novembre, lorsque le niveau de l’eau était au plus bas. Samuel Vander Linden :“Virelles-Nature a fait appel à un certain nombre de partenaires et de bénévoles qui ont prêté main forte. On veille tout particulièrement à récupérer les bouvières, une espèce indigène menacée dont la présence a été repérée dans l’étang et qui vit en symbiose avec les anodontes (moules d’eau douce)”. Poissons et mollusques seront stockés dans des bacs de rétention à Virelles pendant toute la durée de mise à sec de l’étang.

Il faudra aussi évaluer s’il n’y a pas une surpopulation de carpes. “Les carpes ont tendance à retourner la vase rendant ainsi l’eau plus trouble, elles détruisent également les herbiers aquatiques et leur microfaune, ce qui accentue la dégradation du milieu”, dit Philippe Deflorenne. “Le cas échéant, les plus grosses seront vendues. D’autre part, on s’efforcera également de lutter contre la prolifération du goujon asiatique, une espèce invasive très prédatrice.”

Enfin, l’opération sera aussi bénéfique pour la roselière, précise encore Philippe Deflorenne : “Le roseau a besoin de temps en temps d’un assec, il y puise une énergie nouvelle pour sa croissance. En bordure de rivière, cela se produit à la fin de la belle saison, quand le niveau des cours d’eau est plus bas. La vidange de l’étang reproduit ce cycle naturel et lessive la vase accumulée dans la roselière.”

Après cette cure de jouvence, l’étang de Boneffe retrouvera d’ici quelques mois son apparence habituelle et ses populations de poissons. Mais avec des conditions plus propices que jamais au développement de la biodiversité.

- équipe de rédaction

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