Dinant - René Ladouce, l’homme aux 1.600 cochons

Nous sommes parfois étonnés des activités professionnelles annexes de nos politiciens. C’est notamment le cas de l’échevin dinantais, René Ladouce (MR), notamment en charge de l’enseignement. Outre ses 19 mandats dont celui d’échevin à la Ville de Dinant, René Ladouce est aussi agriculteur. Accompagné de son épouse, Aline, il s’occupe de la ferme familiale à Furfooz près de Dinant depuis 1978. Durant de longues années, le couple avait, dans son exploitation de 30ha, un élevage de vaches laitières et de viandeuses.

Il avait aussi des milliers de poulets et de porcs. De plus, le couple cultivait du blé et du colza. Depuis 15 ans, le couple se limite à sa culture et à l’élevage de ses… 1.600 porcs. Installées dans une étable à quelques mètres de leurs éleveurs, ces bêtes sont donc nourries, surveillées et soignées chaque jour. Ces deux fermiers assurent aussi la réception des porcelets et le chargement pour l’abattoir et la transformation de la viande chez Aubel. Le jambon, le rôti… que vous achetez en magasin de la marque Aubel proviennent donc peut-être de chez René Ladouce.

Une profession difficile

Malgré les difficultés grandissantes et conjoncturelles rencontrées par les agriculteurs wallons, René Ladouce s’en sort. Mais il souligne qu’il est difficile d’exercer cette profession. «La preuve, le nombre d’agriculteurs est en diminution et le nombre de jeunes souhaitant se lancer dans cette activité aussi. Vous savez, près de 75% des agriculteurs ont plus de 55 ans et dans ces 75%, la moitié n’est même pas certaine d’avoir un successeur», explique l’agriculteur, ancien président de la Fédération wallonne de l’Agriculture (FWA).

Ce dernier ajoute que les normes européennes, devenues de plus en plus strictes pour la commercialisation des produits, mettent davantage les agricultures en péril. «Par exemple, un américain ou un brésilien s’installant comme fermier ne doit pas investir dans des normes sanitaires aussi importantes que les Européens. Étant donné que nous devons amortir le coût, nos produits sont donc plus chers. Il est alors plus difficile pour nous de se faire une place dans ce marché concurrentiel».

40 jours sans viande

Comme on parle des attaques contre le secteur, que pense René Ladouce de la campagne «40 jours sans viande», qui vient de se finir? Pour lui, c’est une bêtise. «Cette campagne apporte une tension supplémentaire pour le monde agricole. Je n’ai pas été touché personnellement car nous n’étions pas dans une période de livraison pour Aubel. Mais dans mes collègues, certains l’ont ressenti. Si nous faisions 40 jours sans impôts, ne serait-ce pas mieux?» sourit l’agriculteur. «Non, mais sérieusement. Cela n’a aucun sens. Dans les années 1900, la viande était un luxe. On s’est battu pour qu’elle soit accessible et maintenant, on organise ce type de campagne! Pour moi, la viande est bonne pour la santé. Bien évidemment, il ne faut pas exagérer. Comme tout. Mais elle est nécessaire. Un maçon qui va manger une salade, ce ne sera pas suffisant pour avoir des forces», défend-il.

Il ajoute: «Pour les agriculteurs, ce type de compagne est donc très mal perçu. De toute façon, de nos jours, on s’en prend à tout. Quand ce n’est pas le beurre qui est mauvais pour la santé, ce sont les pommes, les poires… bref, il y a toujours des études qui se contredisent».

Selon la Fédération wallonne de l’Agriculture, le bilan des «40 jours sans viande» n’a pas fait de grandes vagues dans le sud du pays. «C’est toujours ennuyeux pour les éleveurs de devoir se défendre», avance Anne Pétré de la FWA. «Car si les éleveurs n’ont finalement pas tant souffert de la campagne que ce qui était craint, c’est probablement grâce à la contre-campagne «40 jours pour soutenir nos agriculteurs», qui démontait un par un tous les arguments avancés par «40 jours sans viande» et les replaçait dans le contexte de l’agriculture wallonne».

S.D. - équipe de rédaction

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