Dinant - L’investisseur Dormio menace de partir

L’investisseur Dormio pourrait abandonner son projet dans la cité mosane. Le bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux, est affolé rien qu’en pensant à cette idée.«En plus, je ne peux rien faire. Car dans ce dossier, c’est la Région wallonne qui doit délivrer le permis. Pas la Ville. Si ce projet n’est pas réalisé, vous n’imaginez même pas comme je serais déçu. Pour moi, ce village de vacances va permettre de redynamiser le centre-ville de Dinant. Tout comme la Croisette et les événements organisés par l’Association Internationale Adolphe Sax», assure le bourgmestre.

«Nous en avons marre»

Pourtant, il y a quelques semaines, Michel Vossen, le directeur belge de la société Dormio disait qu’il pouvait être encore patient. «Nous avons changé d’avis. Honnêtement, nous en avons marre. Cela fait neuf ans que nous avons le projet de créer ce village de vacances sur le site du Mont-Fat. Mais rien n’avance. Si le permis de bâtir n’a pas été délivré dans un an, nous arrêtons le projet sur Dinant. Vous savez, nous avons d’autres chantiers dans d’autres pays et il n’y a pas autant de problème. À Maastricht, nous créons actuellement un village de 123 pavillons et maisons de vacances mitoyennes. En trois ans, ce projet est quasiment terminé. Pourquoi en Belgique, tout traîne?», s’interroge-t-il.

Michel Vossen souligne aussi que sa société a déjà dépensé deux millions pour les études d’architectes, des études de faisabilité, etc. «Et tout cela pour rien», soupire-t-il.

Mais cette perte de patience soudaine ne serait-elle pas une technique pour mettre la pression sur la Région wallonne? Rien ne serait surprenant.

Pour rappel, l’investisseur Dormio envisage de créer un village de vacances de près de 220 logements, ce qui représente 800 lits sur le plateau du Mont-Fat. Une piscine normalement accessible à tout le monde est aussi prévue. Mais l’opposition craint que cette piscine ne bénéficie pas vraiment à la population dinantaise.

Si le dossier traîne, c’est notamment parce que le Conseil d’État, saisi par un riverain, a annulé, l’été dernier, une délibération du conseil communal de Dinant, datant du 16 novembre 2010. Le plan communal d’aménagement du plateau de la Citadelle, qui révisait le plan de secteur est donc tombé aux oubliettes.

«Les gens ne comprennent pas que c’est positif»

Étant donné qu’aucun permis n’a été accordé sur toutes ces années et que le projet a été parsemé d’embûches, beaucoup ne croient plus à ce village de vacances. «Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un projet de 52 millions d’euros. Les gens autour ne comprennent pas que cet investissement est positif pour la Ville de Dinant».

L’investisseur privé et le bourgmestre se sont évidemment mis d’accord pour avoir le même discours: ce projet va permettre d’augmenter l’offre de logements touristiques, les retombées économiques seront positives pour les commerçants, ce village va offrir de l’emploi à 40 personnes… «Grâce à notre projet, la Ville effectuera un rendement de 500.000 euros par an grâce aux taxes des maisons notamment. Cela n’est pas négligeable», conclut Michel Vossen.

LM - équipe de rédaction

Autres actualités à Dinant

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Dinant