Dinant - Le bourgmestre n’attaque pas sa Ville en justice

Le bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux, est sorti blanchi, en 2012, du «procès du Casino» où il avait fait l’objet d’accusations de faux et usage de faux dans le cadre de l’appel d’offres qui a servi à désigner un nouveau gestionnaire pour le Casino de Dinant le 12 octobre 1999. Après une saga de 13 ans, il n’en a pas vraiment fini avec ce dossier. La raison: il lui reste encore à payer ses frais d’avocats liés à ce dossier. Et la note est salée puisque ses ex-conseillers lui réclament près de 400.000 euros.

Mais le bourgmestre tient à rectifier une information de la DH circulant à Dinant et disant que Richard Fournaux a attaqué sa Ville en justice pour la forcer à intervenir dans ses frais d’avocats liés à ce fameux procès. «Je n’ai pas attaqué la Ville de Dinant en justice mais je l’ai mise en cause pour payer mes frais d’avocats. Car je veux que la Ville soit dans les débats quand la justice tranchera si c’est à moi ou à la Ville de payer cette note. Ce n’est pas normal que je paie tout alors que la Ville est sortie gagnante dans cette affaire. Mon dernier espoir, c’est qu’elle paie au moins une partie des indemnités». Richard Fournaux estime que la Ville de Dinant doit intervenir dans ces frais car en cas de jugement en sa défaveur, elle aurait dû payer des indemnités aux parties civiles.

Impossible de payer

En mars 2015, Richard Fournaux avait même été assigné au civil par ses avocats car il ne savait pas payer leurs honoraires. Mais le nouvel avocat de ce politicien indétrônable a demandé au tribunal civil de Dinant de vérifier si les frais des ex-avocats de son client ont correctement été fixés. Deux bâtonniers sont donc chargés d’examiner les honoraires réclamés.

Dans cet éternel dossier, le bourgmestre se bat aussi avec l’administration fiscale. Il y a deux ans, il avait même introduit une réclamation administrative à son égard. Selon lui, «cette administration considère qu’un bourgmestre ne peut déduire ses frais d’avocats liés à sa fonction. Et ce n’est pas normal», souligne Richard Fournaux. «Si je dois tout payer et en plus que je ne peux rien déduire, je suis en faillite. Vous savez, nous sommes plusieurs bourgmestres à devoir assumer des frais d’avocats liés à des décisions prises dans le cadre de notre fonction. Pour l’affaire du casino, je demande au fisc d’accepter comme charges professionnelles déductibles ces fameux frais d’avocats encourus car ce sont des décisions prises en tant que bourgmestre. Contre toute logique, le fisc refuse la déductibilité. En plus, le tribunal de première instance a donné raison au fisc. Je vais donc aller en appel. Je vais tout faire pour gagner», assure le bourgmestre.

Qui doit payer la note des avocats? Le fisc lui accordera-t-il la déduction de ses frais? Bref, cette affaire du casino est donc loin d’être terminée. Mais si Fournaux est condamné à payer ces 400.000 euros, que fera-t-il? «Il m’est impossible de payer des montants pareils. Si je suis condamné, je vais m’expatrier et j’irai comme volontaire dans un pays en voie de développement», pense-t-il. Il s’agit certainement de paroles en l’air. Tout le monde sait qu’il ne quitterait sa cité mosane pour rien au monde.

LM - équipe de rédaction

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