Chiny - Enquête publique sur la vente de 136 ha aux Croisettes

La bourgmestre d’Aubange, Véronique Biordi ne s’en cache pas. Si la volonté de vendre cette forêt est apparue en 2015, c’est avant tout pour des raisons financières: «Nous étions occupés à construire le nouveau home, la situation de notre dette était conséquente. Il y avait la rénovation urbaine, le bassin de natation, l’obligation de construire du logement social. J’ai été moi-même sur place et nous avons fait appel à des experts. Des calculs ont été faits». Il est apparu que ce bien, éloigné de la commune d’Aubange, rapportait seulement environ 50.000€ par an: «A cette distance nous ne pouvions l’entretenir et on s’est aperçu qu’il y avait pas mal de bois mûrs qui auraient dû être abattus depuis longtemps» explique la bourgmestre. Toutes ces raisons ont poussé les responsables aubangeois à envisager de se séparer de cette forêt estimée à 2,4 millions d’euros. D’autant plus que les édiles ont reçu une offre d’achat, au montant de 3, 5 millions du propriétaire du domaine voisin, M. Ramon Reytiens. Celui-ci confirme vouloir acheter via un groupe forestier et ainsi reconstituer l’ensemble du domaine qui a été fractionné durant la guerre, en 1941.

Face à cette offre et en raison de cette situation financière, le conseil aubangeois a pris la décision de principe de solliciter l’autorisation du ministre de la Forêt de procéder à la vente. Il s’agira – si le dossier aboutit – d’une vente publique avec la mise à prix de 3,5 millions d’euros. Parallèlement sont organisées, en vue de la vente, des enquêtes publiques dans les communes d’Aubange et de Chiny. Si celle d’Aubange s’est terminée le 26 mai dernier, celle de Chiny sera clôturée le 4 juillet prochain. Après ces enquêtes publiques, l’administration du ministre des Forêts, René Collin, sera saisie. Elle devra remettre un avis au ministre pour décision.

Des opposants au projet de vente viennent de se manifester par voie de communiqué de presse. Sous le titre «La Forêt publique en péril à Chiny», ils appellent à la mobilisation contre ce projet de vente: «Le collectif «Forêt pour tous» veut donner un maximum de retentissement à l’enquête publique et faire entendre sa voix auprès du ministre Collin».

Les opposants expliquent: «en décidant de vendre au plus offrant, Aubange doit soustraire ce vaste domaine au régime forestier. Or, en Wallonie, la forêt publique est gage de qualité via une gestion par le DNF (Département de la Nature et des Forêts) qui allie les enjeux économiques, écologiques et sociétaux. Cette gestion cherche à garantir la durabilité de la forêt en termes de ressources et de biodiversité». Gestion pour laquelle la bourgmestre d’Aubange met toutefois un bémol, puisqu’elle estime que des arbres n’ont pas été abattus à temps…

«Un bien pour tous»

Les opposants soulignent aussi qu’actuellement, il s’agit d’un bien dont tout le monde profite: «Le statut public de la forêt est une garantie d’accès pour tous, promeneurs, sportifs, mouvements de jeunesse, cueilleurs, bref tout un chacun»… Les opposants estiment qu’une vente d’une aussi importante forêt serait «un cas sans précédent» et craignent que cela fasse «tache d’huile» ailleurs en Wallonie, à l’heure où les finances communales ne sont pas toujours au beau fixe.

Le candidat acheteur, M. Ramon Reytiens, souligne pour sa part que, s’il devient propriétaire, il ne s’opposera pas à laisser un accès pour les promenades balisées, en dehors des périodes de chasse. Il explique qu’il laissera aussi l’accès, comme actuellement, aux 250 mètres accessibles pour la pêche.

LM - équipe de rédaction

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