Charneux - Les sculptures légères de Michèle Feye

La terre est une fascination de toujours pour Michèle Feye. Toute petite déjà elle commandait des blocs d’argile pour la Saint-Nicolas. « A mes moments perdus, j’adorais déjà dessiner, peindre et sculpter la terre. Je sculptais des animaux et des gens, tout ce qui me passait par la tête, les choses de la vie ». Dans la maison familiale, on est d’ailleurs très féru d’art. On écoute et on fait de la musique. Michèle, elle, se passionne pour la danse classique qu’elle pratique de six à quatorze ans. Elle songe même à en faire un métier, mais à l’époque, dans les années soixante, cela ne se fait pas. «Il fallait faire un métier utile, alors que pour moi vivre sans art, ce n’est pas possible ». Elle renonce à la danse et entame des études de secrétariat médical. « Mais la paperasserie, ce n’était pas pour moi ». Elle arrête donc pour élever ses quatre enfants. Maternelle dans l’âme, elle y met tout son cœur.

Et puis, les enfants partis, elle s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. « Mes mains me démangeais, j’avais envie de créer ». Après deux ans de cours, elle continue dans son atelier. « J’aime créer avec un fond musical. La plupart du temps avec les sonates pour violoncelle de Bach. Le violoncelle, c’est comme une voix humaine, cela m’inspire. Mais j’aime aussi tous les classiques de la chanson française, Brel, Brassens, Ferrat, Moustaki ou Vincent Delerm

Michèle aime travailler une terre légèrement chamottée, qui devient brune à la cuisson. Elle la laisse la plupart du temps brute. Pour les vêtements, elle utilise l’engobe, un mélange d’eau et de pigments qui donne une coloration mate, moins clinquante que l’émail. « Quand je crée, j’ai parfois une idée de départ et puis mes mains m’entraînent vers tout autre chose. C’est le mouvement qui me guide, l’humeur, le temps qu’il fait », un peu comme une danse improvisée. D’ailleurs la danse n’est jamais très loin, on sent que l’artiste connaît bien les mouvements du corps. Ses sculptures, surtout des jeunes femmes, sont élégantes et fines comme des danseuses, toujours en mouvement dans les attitudes du quotidien. « Mes créations, je les veux douces et sensuelles, aimant la vie » dit-elle. Et surtout pas académique. « Les proportions ne sont pas forcément exactes. Je suis entre le réel et l’irréel ». Souvent inspirée par l’enfance, elle a sculpté son fils enfant jouant de la flûte et aujourd’hui musicien, ses filles sur la balançoire. La maternité est aussi un thème récurent. Plus largement, ses sculptures sont une ode à la femme, une femme douce et rêveuse emprunte de sensualité et d’intériorité. « Je sculpte ce que je trouve beau et doux, jamais la laideur. La sensualité et le fil conducteur de mon art. C’est pourquoi j’ai choisi la terre, l’eau et le feu, tout ce qui vit et respire ». Créer est chez elle un besoin. « Je passe 8 jours ou deux mois sur un projet. Quand je crée, le monde peut s’écrouler autour de moi. C’est une grande joie, presque une euphorie ».

www.terremirroir.be

www.facebook/les sculptures de Michèle Feye

Michèle Feye exposera à Herve Expo dans le cadre de la « Semaine sans écran » du 29/09 au 07/10 à l’ancienne chapelle du collège de Herve

Nadine Romieu - équipe de rédaction

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