Chapelle-lez-Herlaimont - Quarante-cinq ans d’amitié belgo-turque

Le petit village de l’entité de Chapelle-lez-Herlaimont a célébré ses amitiés turques avec les villes jumelées de Bogazlyan et Bulancak. L’occasion de mettre la communauté turque piétonaise à l’honneur à travers une grande fête organisée par la Maison de l’Intégration et culturelle belgo-turque de Piéton. Il s’agit de la septième édition.

Il faut rappeler que 50 familles turques vivent aujourd’hui dans l’entité de Chapelle. Il s’agit principalement des descendants de huit familles qui ont émigré à Piéton au milieu des années soixante, attirées par l’espoir d’une vie meilleure et aussi, comme les Italiens après la guerre, pour descendre dans les mines de charbon.

Parmi ces familles se trouve celle de Rahmi Aydin. Arrivé à l’âge de neuf ans, en 1972, à Piéton, il a suivi son père, parti travailler à la mine au puits nº17 au Bois des Vallées. «Nous sommes toujours restés dans la localité. Je ne savais pas parler français, mais directement, j’ai commencé l’école, j’ai appris vite pour pouvoir me débrouiller», explique le Piétonais originaire du village de Giresun, sur la mer Noire.

À l’époque, il ne fréquente pas les jeunes Turcs de son âge. «Ils habitaient le centre du village. Moi, j’habitais près de la Nationale. Je côtoyais des Italiens, des Belges. Nous étions toujours ensemble. Et notamment Hervé Blanchard, avec lequel j’ai grandi et que je considère encore aujourd’hui comme mon frère. Nous étions voisins. Des amis de l’époque, certains sont décédés, d’autres sont partis. Hervé, je le vois encore, mais rarement. Il s’est marié en Tunisie. Parfois il est ici, parfois là-bas. C’est très difficile

Rahmi lui-même s’est rapproché de la communauté turque à la faveur de son mariage en 1978. Employé à Nivelles, au dépôt du Carrefour, depuis 1979, Rahmi travaille essentiellement la nuit. Ce qui ne lui laisse que peu de temps libre pour retrouver ses camarades. Son temps, il le consacre essentiellement à sa famille, ses trois grands enfants et ses petits-enfants.

Mais il se souvient des escapades dans le Bois de Vallée, après l’école, à faire les 400 coups, à monter des cabanes, faire exploser des pétards ou la fiesta à la Sainte Barbe parmi les mineurs. Et puis, les deux compères ont joué quelques années, au foot ensemble à Piéton, Hervé en attaque et Rahmi en défense. Rahmi, lui, a joué 25 ans.

Il se souvient aussi de Mylène Costermans, qui enseignait à Piéton alors qu’il était plus jeune. Partie habiter en Normandie où elle a suivi son mari, elle revient chaque année à Piéton pour les fêtes turques. «C’est génial, je ne manquerais cela pour rien au monde. Je fais 450 kilomètres et j’emmène mes petits enfants. Je suis allée en Normandie à ma retraite et je vais revenir en Belgique parce que mon compagnon est décédé

C’est à Piéton qu’elle compte s’installer. «Je n’envisage pas d’aller ailleurs. À part la communauté turque, je ne connais plus grand monde à Piéton

NG - équipe de rédaction

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