Celles - Ce légumier d’antan a la patate

Légumes oubliés, panier de la semaine, magasin sur place… François-Xavier Warnitz, gradué en technique et gestion agricole, exploite notamment des terres situées autour de la maison de son grand-père à Velaines. Il produit des légumes, comme des pommes de terre résistantes, des carottes de couleur, des courges, du topinambour, des variétés belges de tomates…

L’aventure est belle. Il y a dix ans, fraîchement gradué, François-Xavier Warnitz se lançait dans la production de légumes d’antan et biologiques. «Après mes études, je souhaitais devenir agriculteur. Mais une ferme, ce n’était pas possible, pas raisonnable!», s’exclame-t-il. « Comme j’avais entendu parler des légumes oubliés, je me suis lancé». Avec réussite. Sur les terres entourant la maison de son grand-père à Velaines, il a commencé par les pommes de terre, le sujet de son travail de fin d’études. Des variétés dites résistantes, «tout sauf de la Bintje!».

Quarante ares de Corne de Gatte, de Ratte, de Vitelotte, d’Amandine, la Bleue d’Artois… Dix ans après, les pommes de terre figurent toujours dans sa production qui s’est largement étoffée. De quelques ares, il est passé aujourd’hui à plus de 6 hectares. Il loue des terres à des agriculteurs de la région.

À Velaines, il produit principalement des céréales, pour produire des farines. Les premières sont d’ailleurs disponibles depuis quelques mois. Sur les terres de Quartes et d’Arc, aujourd’hui labellisées bio, poussent des carottes de différentes couleurs, du persil tubéreux dont on consomme principalement la racine, du panais, de la barbe-de-capucin, des courges, du topinambour, des tomates… Rien de commun!

«Des légumes qui suscitent l’engouement de notre clientèle», explique François-Xavier Warnitz, avec un succès plus important cette année pour les carottes de couleur et les panais, «mais la concurrence est rude! Il y a énormément de maraîchers installés ces dernières années. Il y a dix ans, nous n’étions que quelques-uns. Aujourd’hui, nous sommes une vingtaine dans toute la région». Les dépôts, les paniers, des GAS (groupements d’achat solidaire) se sont multipliés.

Il faut donc s’organiser, trouver ou garder sa place. «Je fais des paniers de légumes et de fruits de saison». Pour tout ce qu’il ne produit pas lui-même, le Velainois s’est associé avec d’autres producteurs tout aussi respectueux que lui de la nature.

Des producteurs qui, cette année, souffrent beaucoup des conditions climatiques. «Évidemment, la sécheresse nous touche, elle porte un mauvais coup à nos rendements». Ce qui entraînera une diminution des rentrées financières. «Personnellement, je ne peux pas vivre de mon exploitation. Sans l’aide de la famille et sans un travail à l’extérieur, nous ne pourrions pas vivre correctement».

François-Xavier, conseiller en agro-environnement à Natagriwal, ne regrette pas le pari un peu fou qu’il s’est lancé il y a une décennie, «c’est un beau métier que de travailler la terre en la respectant, que de produire sainement mais on ne peut pas en vivre, on peut juste survivre», en gagnant quelques centaines d’euros par mois… qui lui suffisent cependant pour garder la passion intacte, la patate!

Site? www: legumesdantan.

Albert Desauvage - équipe de rédaction

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