Bouillon - Il était un des derniers planteurs de tabac

Une figure de la région et surtout l’un des derniers planteurs de tabac de Bouillon, Michel Debart, vient de décéder.

«C’est une partie du patrimoine de la région qui s’en va», écrit une admiratrice sur les réseaux sociaux. Elle ajoute: «Il était super sympa et partageait sa passion.

C’est une bibliothèque qui s’en va».

André Robinet de Nafraiture (Vresse-sur-Semois), ami et collègue planteur de Michel Debart le décrit comme un homme «très courageux» . Il ajoute: «Il avait commencé la plantation de tabac bien avant moi. C’était un maître en la matière! C’était un plaisir de travailler avec lui et de partager son expérience».

Michel Debart avait hérité du savoir-faire ancestral transmis par ses parents, mais il ne dédaignait pas recevoir l'aide des facultés agronomiques pour les produits désherbants, par exemple.

Pour aider ses parents

«Michel avait commencé à planter du tabac lorsqu’il était tout jeune, en aidant ses parents à Frahan», se souvient sa veuve, Jeanine Paché.

Il interrompra cette activité à l’âge de 23 ans, pour continuer à aider ses parents mais au camping cette fois.

«Il a repris son travail de planteur de tabac, dix ans plus tard, quand les campings de la région ont été fermés», se souvient son épouse. En plus de cette activité «saisonnière» qui le passionnait, Michel Debart a aussi fait une carrière de cantonnier, fontainier et fossoyeur à la commune de Bouillon.

«Il s’occupait des plants de tabac après ses heures, pendant les congés et les week-ends», explique Jeanine Paché.

Jusqu’à une tonne

Au début des années 2000, Michel Debart a récolté jusqu’à une tonne de tabac en une année sur 70 ares de terrains. «Nous produisions le tabac en coupes, coupe fine pour la cigarette, coupe grosse pour la pipe. Nous faisions faire les cigares à l’extérieur», explique Jeanine.

La production permettait de fournir les fabriques de la région (il en reste trois, dont une avec un musée à Corbion).

«Le tabac de la Semois est un tabac assez costaud, idéal pour la pipe», souligne André Robinet.

Au fil des années, la production de tabac de Michel Debart à Frahan a quelque peu diminué et, il y a un an, il a remis ses activités à des jeunes de la région.

«Je remercie vraiment ces jeunes de perpétuer la tradition. C’est un petit miracle», s’exclame André Robinet qui a, lui aussi, arrêté ses activités de planteur.

Les repreneurs sont de la région, Hugo Beguin d’Auby-sur-Semois et François Lejeune de Nafraiture.

«Ils ont de bonnes connaissances de la terre. Je veux les accompagner. Le meilleur conseil que je puisse leur donner est de consacrer le temps nécessaire, entre mai et fin août, car les plantations ont besoin de beaucoup de soins. J’espère que cela se passera bien, car cette activité dépend beaucoup de la météo. L’année dernière a par exemple été catastrophique! Récoltés fin août, les plants sont ensuite mis au séchoir avant d’être vendus»,explique André Robinet.

Avec la disparition de Michel Debart, c’est un des derniers planteurs de Bouillon qui s’en va. Car après avoir connu des heures de gloire, cette activité a fortement diminué dans la région.

Il y a quelques années, Michel Debart nous avait déclaré: «Une explication de la désaffection pour la production vient du fait qu'il faut travailler pendant l'été. Entre le moment où on plante et la récolte, il faudra passer tous les jours sur la plantation».

LM - équipe de rédaction

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