Bouillon - Les nonnes de Cordemois font de la résistance

En ce mercredi pluvieux et venteux, l’abbaye Notre-Dame de Clairefontaine est désertée des promeneurs et des visiteurs. Difficile de s’imaginer que ce lieu d’apparence si tranquille et si paisible est le théâtre de vives tensions qui agitent la communauté des sœurs depuis plusieurs années. Mais de celles-ci et de l’avenir de l’abbaye, les sœurs ne peuvent pas en discuter avec les journalistes, comme le confie gentiment l’une d’entre elles, venue nous ouvrir la lourde porte d’entrée du monastère.

Tout ce rififi est parti de l’élection d’une nouvelle Mère abbesse. Plusieurs sœurs se sont opposées au renouvellement du mandat de mère Anne-Marie, la mère sortante. Le Père abbé d’Orval, responsable de la congrégation en cas de litige, a alors nommé en 2014 une mère supérieure temporaire. Quelque temps plus tard, en mars 2015, Mère Rebekka de Klaarland est nommée Abbesse Administratrice Apostolique de Clairefontaine. Mais rien n’y fera et les tensions persisteront.

En mars dernier, décision a donc été prise de fermer l’abbaye. «Après mûre réflexion et de nombreuses consultations, la Congrégation pour les Religieux est arrivée à la conclusion qu’une vie communautaire conforme aux Constitutions de l’Ordre n’était plus possible à Clairefontaine. Elle a donc décidé la fermeture de l’abbaye et, dans sa lettre du 3 février 2017, a demandé à l’Abbé Général de mettre en œuvre cette décision», précise un communiqué de l’Ordre cistercien de la stricte observance (trappiste) publié fin mars.

Un avocat bruxellois

Une fermeture qui n’est toujours pas effective. «Pour l’instant, je n’ai pas reçu de nouvelle officielle concernant cette fermeture», indique André Defat, bourgmestre de Bouillon. «Mais on souhaite bien sûr que l’abbaye reste ouverte. C’est un lieu de repos et de promenade important dans la commune», ajoute-t-il. «Les religieuses que je rencontre régulièrement m’ont en tout cas fait savoir qu’elles désirent rester.»

11 religieuses vivent encore à Cordemois. Les sœurs ont mandaté l’avocat bruxellois Me Paul Muylaert pour les défendre contre cette décision de fermeture. La population se mobilise aussi. Une pétition a été lancée en ligne en avril pour sauver l’abbaye. Elle compte aujourd’hui 1.339 signatures.M. M.

- équipe de rédaction

Autres actualités à Bouillon

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Bouillon