Blicquy - Autisme: quand une photo vaut mieux qu’un long discours

L’idée? Mettre en avant le quotidien d’adolescents autistes à travers des clichés rigoureusement sélectionnés et en faire une exposition. «Seul avec les autres» est un travail de 18 mois qui a poussé le photographe Michel Loriaux dans ses retranchements et sur lequel il revient, une once d’humilité dans la voix.

Il y a d’abord eu un temps d’adaptation qui pourrait presque s’apparenter à de l’apprivoisement.

D’un côté, un artiste qui, appareil photo à la main, est immergé dans un monde qui lui est inconnu. De l’autre, des adolescents atteints d’autisme qui rythment leurs journées dans un endroit qu’ils connaissent bien. C’est la rencontre entre ces deux univers qui va donner à cette exposition la singularité qui la caractérise.

«Ce travail a permis de briser la monotonie qui peut s’installer dans des centres d’accueil. Lorsqu’on a commencé ce projet, on ne savait pas exactement où il allait nous mener… Mais au sein de l’institut, il a été très bien accepté», explique Marc Nilles, responsable de l’hébergement au sein de La Porte Ouverte.

Une ambiance en huis-clos

«Le premier jour, j’y suis allé sans mon appareil. Je me suis senti un peu dénudé. J’ai été plongé dans une ambiance en huis clos sur laquelle j’avais quelques appréhensions. L’essai a été concluant pour ma part, mais également pour les résidents. Petit à petit, je me suis fondu dans leur quotidien. Je me suis retrouvé dans leur monde à eux, que je ne connaissais pas. Un monde beau, touchant, étonnant », confie Michel Loriaux.

Il insiste sur l’aspect poétique de sa démarche. «Sur un plan personnel, cela m’a énormément apporté. Au fond, on ne connaît pas les autres et c’est ce manque de connaissances qui nous pousse à catégoriser, à rejeter. Si l’exposition pouvait avoir comme effet de changer le regard sur la différence, j’en serais vraiment heureux. Dans ce cas précis, on parle de l’autisme, mais cela pourrait s’étendre à d’autres domaines comme la crise migratoire.»

Ce travail de longue haleine a permis à Michel Loriaux de dépasser ses limites et a aussi été le point de départ à la création d’un atelier photo au sein de l’institution.

Un projet qui a également permis aux résidents de passer du statut de sujets à celui d’acteurs et ouvert une porte vers l’inconnu.

E.B - équipe de rédaction

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