Binche - Dans les coulisses du scoop

Ce livre est-il un résumé de votre carrière?

- Ah pas du tout. J’espère que non. Je suis encore loin de la pension, tout de même! Ce livre fait suite à une demande de Benoît Amez des éditions Jourdan. Il pensait que cela intéresserait les lecteurs de savoir ce qui se passe dans les coulisses d’un scoop. Comment on le déniche, comment on le vit et… ce qui se produit après. En plus de 25 ans de carrière, j’ai accumulé quelques belles et/ou fortes rencontres. J’avais des notes dans mes cartons. C’était le moment.

Votre bouquin démarre sur les dessous d’un scoop photographique: ces fameuses photos de Marc Dutroux en prison. Racontez-nous cette épisode qui vous a emmené devant le juge d’instruction ?

- En tant que rédacteur en chef de la Libre Match Belgique, à l’époque, je connaissais le poids des mots et le choc des photos. Ces clichés sont venus à moi dans un contexte digne d’un film de série B. C’était enfin l’occasion pour moi de prendre le temps d’écrire et d’expliquer pourquoi nous avons décidé de publier ces photos. Les conséquences de cette une. Le secret des sources. Tout cela, dans le contexte le plus tragique que la Belgique ait connu. Un livre, c’est un long format. Comme ces interviews fleuve que j’affectionne à la télé. J’aime, parce qu’elles permettent de dérouler le temps et l’action. Et peut-être, – souvent – de mieux comprendre.

Quelle est la rencontre qui vous a le plus marqué?

- C’était avec Sœur Emmanuelle. L’interview devait durer 25 minutes, elle s’est prolongée durant quatre heures). La rencontre avec ce petit bout de nonne a été… ébouriffante. Cette interview réalisée après les attentats du 11 septembre 2001 et ceux de Bali en 2002 reste criante d’actualité. En partant, elle m’a embrassé et m’a arraché une promesse: celle de… donner plus de profondeur au contenu de mes articles. «Parce que ton magazine, là. La Libre Match, ce n’est pas toujours très intéressant, Patrick!». Depuis, j’ai essayé. Vraiment. Sans être sûr d’avoir réussi.

Parfois, ces rencontres au long cours débouchent sur de véritables amitiés. Et parfois, vous refusez certaines interviews pour cette raison…

- C’est vrai. Dominique Monami et moi sommes devenus tellement proches que je ne pourrais plus écrire à son propos. Quand on connaît très bien quelqu’un, mais que l’on veut avant tout rester objectif, cette personne peut en venir à se sentir trahie. Je pense à Justine Henin. Une autre anecdote: j’ai refusé Mac Enroe, parce que j’avais terriblement peur de ne pas être à la hauteur, de rater cette rencontre et de ne plus pouvoir l’aduler de la même manière en entachant notre rencontre. C’est ce qui s’est passé avec Eddy Merckx, je l’explique dans mon livre.

Votre livre parle aussi de ce qu’est la vie de journaliste. Quel regard portez-vous sur cette profession?

- C’est un milieu dans lequel je me sens finalement très mal. Ce qui me dérange chez beaucoup de journalistes, c’est cette prérogative qu’ils s’arrogent de «faire l’opinion». De construire ou de détruire des réputations». Mais de quel droit? Pour moi, le journaliste doit rester un observateur neutre. À l’écoute de tout ce qui compose la société. Il ne lui appartient pas de juger ce qui est bon ou mauvais. Ma conception crée souvent des malentendus. Je rêve par exemple de faire venir Bart De Wever sur le plateau d’ACTV. Ce n’est pas pour cela que je vote pour la N-VA! Ce sera au contraire l’occasion de le mettre en face de ses contradictions.

Le journalisme, c’est aussi un métier où les ego sont surdimensionnés. Je n’échappe pas à la règle. Je suis un compétiteur dans l’âme. Je n’ai pas peur de viser haut. Je ne dis jamais que la région du Centre est petite. Je dis que c’est une belle région, remplie de potentiel. Et que nous irons avec l’équipe Wanty-Gobert au Tour de France.

NG - équipe de rédaction

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