Ath - Se mettre dans la peau d’un aveugle

Tant de choses qui, si elles paraissent anecdotiques dans le quotidien d’une personne valide, peuvent s’avérer bien plus délicates lorsqu’on est malvoyant. Dans le cadre de la semaine de la Ligue Braille, les salariés et bénévoles de l’antenne d’Ath, ont mené une action de sensibilisation sur le marché il y a quelques semaines.

Devant le stand de l’ASBL, les badauds étaient invités à se glisser dans la peau d’un non voyant qui doit effectuer sa liste de courses.

Quelques-uns se sont prêtés au jeu, en acceptant de porter des lunettes noires à verres opaques, à l’instar de Carlo De Pascale, chroniqueur de l’émission «On n’est pas des Pigeons» sur la chaîne RTBF. Une fois la paire de lunettes vissée sur la tête, une bénévole le guide pas à pas. « Vous devez remplir votre sac avec des carottes et des poireaux», précise-t-elle. Le présentateur y va à tâtons. « Le toucher est extrêmement important lorsqu’on est malvoyant. C’est ce qui remplace les yeux», explique Nathalie Carpentier, consultante en communication pour l’ASBL.

La chose se corse donc quand il s’agit de garnir le cabas avec des légumes de mêmes formes et de mêmes textures.

« Merci Monsieur, ça fera quinze euros ! » , lance la bénévole. Mais comment savoir quels sont les bons billets et les bonnes pièces à donner ? « Sur les coins de chaque billet, il y a des bandes en relief qui ne sont pas les mêmes. Même chose pour les pièces qui ont une épaisseur et une texture différente sur le côté ».

Des repaires essentiels et intentionnels pour aider les non voyants. En théorie, l’exercice paraît assez facile, mais dans les faits c’est une autre histoire. Carlo de Pascale s’échine. « Il faut vraiment être habitué pour savoir rapidement quel billet donner!»

Les membres de l’association ont alors distillé quelques astuces pratiques pour identifier plus simplement son argent liquide. « Il y a des objets qui permettent de ranger sa monnaie en fonction de la taille des pièces, c’est plus facile. Pour les billets, on peut aussi les plier de différentes manières pour les reconnaître.»

Être non voyant implique donc de faire preuve d’une organisation imparable dans la vie de tous les jours. « C’est capital ! Un non voyant ne s’y retrouvera pas s’il ne sait pas organiser ses affaires. C’est ce qu’on leur apprend avant tout ! », reprend la consultante.

Aider et éduquer

L’association la ligue Braille fédère une quarantaine de salariés et quelques 400 bénévoles qui œuvrent tous les jours pour garantir la sécurité et l’autonomie des personnes mal ou non voyantes. « On les aide dans les démarches administratives, dans la conservation de leur emploi, mais ça passe aussi par la pratique au quotidien.» En les accompagnant dans l’évolution de leur handicap. « On leur apprend à se servir d’une canne de locomotion et à se déplacer dans les milieux urbains, à se maquiller, s’habiller… ».

Plus de 15 000 personnes – principalement malvoyantes – sont soutenues par la Ligue Braille. L’accompagnement est intégralement gratuit.

Ligue Braille d’Ath. Tél. 068/33.54.50

NE - équipe de rédaction

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