Arlon - Orthopédiste et… joueur de cornemuse

L’envie de jouer cet instrument atypique s’est déclarée il y a 15 ans pour ce père de trois enfants. «À l’époque, j’étais assistant et lors d’une formation à Ypres j’ai assisté à une cérémonie de l’armée britannique et le son de la cornemuse m’a vraiment impressionné. Je me suis dit à ce moment-là que si un jour je savais jouer comme lui, ce serait super. Et depuis quatre ans, j’ai commencé à suivre des cours à Luxembourg. Mieux vaut tard que jamais», sourit-il.

Depuis, Fabian possède un répertoire d’une trentaine de mélodies et s’entraîne deux à trois fois par semaine dans la forêt, à quelques centaines de mètres du village. «C’est en effet difficile de répéter à la maison, car l’instrument dégage un son puissant». Les enfants lui sont d’ailleurs implicitement reconnaissants de s’éloigner, lorsqu’il le peut, du cocon familial. Et lorsqu’il croise ses voisins ceux-ci s’exclament «Ah tiens! Tu as joué l’autre jour.» Pourtant, affirme-t-il, «il y a bien entre 600 et 900 mètres de chez eux au bois de Tontelange», explique-t-il.

Des marcheurs curieux

D’ailleurs, il n’y a pas que les voisins qui semblent attirés par ce son si particulier et très peu joué dans la région, selon lui. «J’ai l’impression que les oiseaux migrateurs, comme les grues par exemple, descendent en altitude lorsque je répète. Comme si elles étaient intriguées.» Dans ce cadre naturel, le chant des oiseaux se mêle harmonieusement aux notes de musique de Fabian. Ainsi, il éveille aussi très souvent la curiosité des marcheurs intrigués qui se promènent et n’hésitent pas à s’arrêter quelques instants pour l’écouter. «Les marcheurs que je croise m’interpellent souvent et sont assez surpris de découvrir une cornemuse au milieu des bois, car ce n’est pas une terre de cornemuses ici dans la région

En effet, la cornemuse se joue surtout en Écosse et en Bretagne d’après Fabian. Elle est composée de cinq orifices, dont trois «bourdons» qui émettent le son à l’arrière-plan, un orifice pour remplir la poche d’air et le chalumeau, et le dernier tuyau, qui ressemble à une flûte et d’où sortent les différentes notes de musique à l’avant-plan sonore. «À la base, c’était un instrument du Moyen-âge et qui est resté dans certains pays, notamment l’Écosse. Mais on pouvait en trouver en Belgique, en Italie et en Allemagne également. Par contre, au fur et à mesure, elles ont disparu dans nos pays alors que la cornemuse écossaise s’est, quant à elle, développée. Là-bas, ils ont rajouté des bourdons alors que celles des autres pays n’en avaient qu’un ou deux

De plus, la cornemuse avait une connotation militaire. Elle était utilisée dans chaque clan où elle permettait de prévenir le clan suivant lors d’attaques ennemies. «Le but c’était de jouer le plus fort possible pour pouvoir l’entendre d’une colline à l’autre. Elle donnait du courage aux guerriers lors de la bataille

Un kilt sur mesure

Pour ce chirurgien orthopédiste «cornemusien», cet instrument reste avant tout aussi quelque chose de puissant et solennel «qui est très agréable à jouer et dont l’effet est encore plus fort en groupe

Il vient d’ailleurs de recevoir tout récemment son kilt sur mesure, le dernier accessoire indispensable pour tout bon joueur de cornemuse. Il pourra ainsi, il l’espère, intégrer un «band».

LM - équipe de rédaction

Autres actualités à Arlon

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Arlon