Anderlecht - Marché annuel : chronique d’une mort annoncée

Mardi 12 septembre, c’est le 192e Marché annuel autour de la collégiale Saint-Guidon. Mais chez les commerçants et ambulants, on grince des dents. « Depuis que la commune a confié, voici 3-4 ans, l’organisation de ce Marché à une société privée, plus rien ne va », dénonce Albert Oltmans, président de l’association des commerçants Aumale-Formanoir et vice-président du syndicat des marchands ambulants de Belgique. « Cette entreprise n’est là que pour gagner le plus d’argent en faisant le moins possible. Maintenant, pour participer à ce seul événement, les ambulants doivent s’acquitter d’une taxe communale mais aussi d’une cotisation auprès de cette firme privée. C’est d’autant plus dommage que le service ne suit pas. Avant, l’animation dans les rues commençait à 6h du matin et ne s’arrêtait qu’autour de minuit. Les gens prenaient congé pour venir faire la fête, boire et manger jusqu’au milieu de la nuit. Les commerçants suivaient et faisaient des recettes incroyables. Mais là, maintenant, on oblige les commerçants et ambulants à remballer leurs marchandises à 18h. Quel est encore l’intérêt ? ».

Services communaux désavoués

Un président d’association des commerçants qui s’étonne de ce nouveau choix d’autant que tout lui semblait jusqu’alors fonctionner à merveille. « Avant, ce Marché annuel était géré par les services communaux des Classes moyennes, des Fêtes et Cérémonies qui se montraient terriblement efficaces. Ils étaient non seulement compétents, mais aussi motivés en restant facilement sur place jusqu’à minuit car c’était la grande fête annuelle et ancestrale d’Anderlecht. »

Le public et les acteurs ne s’y trompent pas. « Il y a de moins en moins d’ambulants et d’étals. L’an dernier, la rue du Village n’était plus occupée qu’à moitié. Qu’en sera-t-il cette année ? La rue Saint-Guidon, complètement occupée, ne l’a plus été qu’à moitié puis au quart. Même désaffectation dans la rue d’Aumale où les ambulants s’étendaient jusqu’à la station de métro. Mais tout cela, c’est fini ! »

Un marché en déliquescence, à l’image du quartier où les autorités locales laissent les pavés se déchausser, les herbes pousser le long des murs, la saleté s’accumuler et l’insécurité croître. Quelle déchéance programmée pour ce beau quartier d’antan !

Julien SEMNINCKX - équipe de rédaction

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