«À l’exception de tous les autres»: réponse à M. Roger Marechal

VLAN  mercredi 15 mai 2019 Vlan

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Cher grognon,

À qui rendez-vous service en crachant tous azimuts (dans «Les Échos» de la semaine passée) sur la politique et les hommes politiques? En tout cas pas à la démocratie.

Il y a des hommes politiques corrompus? Ça peut arriver. Et quand ils se font pincer, en démocratie, ils paient (si je peux dire). Même s’ils sont ancien président de la République, ancien ministre, ancien patron de compagnie pétrolière. Et la plupart des hommes politiques sont honnêtes et font leur boulot.

Allez voir ailleurs dans le monde si ça se passe comme ça.

Il en est qui changent d’avis? Ça peut arriver. Vous ne changez jamais d’avis, vous?

Ce n’est pas pour retourner leur veste, voyez-vous, la plupart du temps. C’est parce qu’en démocratie il faut faire des compromis avec vos adversaires ou vos concurrents. Surtout dans un système électoral à la proportionnelle, comme en Belgique, en Espagne, en Italie… Vous voulez un système électoral majoritaire? Libre à vous: battez-vous pour ça.

Certains font de fausses promesses? C’est en effet bien dommage. La proportion de saints n’est pas plus grande chez les hommes politiques que sur la Batte à Liège ou les quais du port d’Anvers. Mais pourquoi continuez-vous à voter pour ceux qui mentent?

N’attaquez donc pas tout et tout le monde: mettez en cause des personnes précises, sur base de faits établis et d’une information sérieuse.

Voyez-vous, cher grognon, il n’y a pas trente-six choix possibles pour organiser la vie politique en société. Ou vous êtes pour la dictature (voyez la Chine), la quasi-dictature (voyez la Russie), la théocratie (voyez l’Iran), ou la tribu (dépêchez-vous, ça devient rare), ou alors vous faites avec la démocratie, «le plus mauvais des systèmes à l’exception de tous les autres», disait un bonhomme que vous admirez sûrement.

Oh, certains vous verraient bien en mandarin, en pope, en ayatollah, voire en grand sorcier, mais la démocratie, voyez-vous, ça fonctionne de nos jours avec des partis politiques. Impossible de s’en passer. Alors, pourquoi ne feriez-vous pas plutôt de la politique?

Il faut du courage, pour se lancer en politique dans un pays démocratique!

Du courage, oui. Surtout quand on vous crache dessus de tous les côtés.

Daniel Grodos – Malmedy

Vlan

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